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Maternité à risque : le Gabon lance l’offensive

Libreville, Dimanche 12 Avril 2026 (Infos Gabon) – À Libreville, le constat dérange autant qu’il mobilise : malgré un taux de médicalisation des accouchements proche de 95 %, des femmes continuent de mourir en donnant la vie. Face à cette contradiction, les autorités gabonaises ont décidé de changer de méthode.

Un plan d’urgence vient d’être enclenché, avec une ambition affichée sans ambiguïté : en finir avec les décès maternels évitables.

Pendant trois jours, experts, institutions et partenaires internationaux se sont réunis à Libreville pour poser les bases d’une réponse coordonnée. Mais derrière les discours, c’est une véritable bataille pour la survie des mères qui s’engage.

Une urgence sanitaire révélatrice de failles profondes

Le paradoxe est brutal : l’accès aux structures de santé s’est amélioré, mais la mortalité maternelle reste élevée. Ce décalage met en lumière une réalité souvent occultée : la présence médicale ne garantit pas la qualité des soins.

Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les causes sont connues : hémorragies, hypertension gravidique, complications liées à l’avortement, mais aussi insuffisances dans le suivi prénatal et la prise en charge d’urgence.

Autrement dit, le problème n’est plus seulement d’accéder aux soins, mais de garantir qu’ils sauvent effectivement des vies.

De la coordination à l’action : un plan multisectoriel

Sous l’impulsion du ministère de la Santé dirigé par le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo Bivigou, un plan d’accélération est en cours d’élaboration. L’objectif : corriger les défaillances systémiques à tous les niveaux de la chaîne de soins.

Formation du personnel, modernisation des équipements, amélioration des protocoles médicaux, renforcement du suivi prénatal : la réponse se veut globale. Mais surtout, elle repose sur une logique de coopération renforcée. Le système des Nations Unies, aux côtés de la Fondation Ma Bannière, apporte expertise, appui technique et capacité de coordination.

Zita Oligui Nguema, catalyseur politique

La séquence a pris une dimension nouvelle avec l’implication directe de Zita Oligui Nguema. Plus qu’un soutien symbolique, sa présence a transformé un atelier technique en enjeu national.

Dans de nombreux pays africains, l’engagement des Premières Dames a souvent accéléré les politiques sociales. À Libreville, cette dynamique semble désormais enclenchée.

En portant publiquement l’objectif de « zéro décès maternel évitable d’ici 2030 », elle impose un cap clair et une exigence politique forte : celle de résultats mesurables, et non plus de simples engagements.

Un test pour la gouvernance sanitaire

Au-delà de l’émotion, ce plan constitue un test majeur pour le système de santé gabonais. Car la difficulté n’est pas de diagnostiquer les problèmes, mais de les corriger durablement.

La réussite dépendra de trois facteurs clés : la constance de l’engagement politique, la capacité à mobiliser les ressources, et surtout l’exécution rigoureuse des réformes sur le terrain.

Dans cette équation, la coopération internationale joue un rôle déterminant, notamment en matière de transfert de compétences et d’harmonisation des pratiques.

Une ambition qui engage tout un pays

Réduire drastiquement la mortalité maternelle ne relève pas seulement de la technique médicale. C’est un enjeu de société. Il touche à la condition des femmes, à l’équité territoriale, à la confiance dans les institutions.

Le Gabon a désormais posé un objectif clair. Reste à savoir s’il saura transformer cette mobilisation en résultats concrets.

Donner la vie ne doit plus coûter la vie

Le message, lui, ne souffre d’aucune ambiguïté. Dans un pays aux ressources importantes, aucune femme ne devrait mourir en accouchant. En lançant ce plan d’urgence, le Gabon reconnaît implicitement une défaillance. Mais il affirme surtout une volonté : celle de rompre avec une fatalité trop longtemps acceptée.

La bataille sera longue, exigeante, parfois ingrate. Mais elle est essentielle. Car derrière chaque statistique, il y a une vie perdue, et une société qui échoue. Et cette fois, l’ambition est claire : ne plus échouer.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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