Gabon : 16 000 titres pour changer l’accès à la propriété
Libreville, Jeudi 22 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon s’apprête à franchir une étape importante dans la régularisation foncière. Ce jeudi 22 octobre, à Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema doit présider la cérémonie officielle de lancement de la distribution de 16 000 titres fonciers, finalisés dans le cadre de l’opération de Régularisation foncière de masse. Derrière cette annonce, un enjeu dépasse la seule délivrance de documents administratifs : permettre à des milliers de familles de sécuriser leur patrimoine, de réduire leur exposition aux litiges et de disposer de droits de propriété mieux établis. La portée réelle de cette avancée dépendra toutefois de la remise effective des titres et de leur accessibilité durable.
La cérémonie est prévue en matinée au stade de Nzeng-Ayong. Elle intervient après la présentation, mercredi 21 octobre, des 16 000 titres au chef de l’État par une délégation du ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, conduite par Mays Mouissi.
Selon les données communiquées par les autorités, six mois après les instructions présidentielles visant à accélérer la régularisation foncière, ces nouveaux titres portent le total national d’environ 33 000 à près de 50 000. Plusieurs localités sont concernées, notamment Malinga, Ndendé, Mouyabi, Ovan et Bitam. Cette couverture territoriale donne à l’opération une dimension nationale, au-delà de la seule agglomération de Libreville.
L’objectif est de réduire l’insécurité foncière qui fragilise les ménages, complique les transactions et peut alimenter des conflits autour de la propriété. Pour une famille, disposer d’un titre reconnu représente davantage qu’une formalité : c’est un moyen de consolider ses droits sur une parcelle, de planifier une construction et de transmettre un patrimoine dans un cadre juridique plus sûr.
Réduire le coût d’accès à la propriété
L’un des principaux obstacles à la formalisation foncière reste son coût. Sur ce point, le ministre Mays Mouissi a présenté une tarification sociale fixée à 600 000 francs CFA pour les parcelles d’une superficie allant jusqu’à 2 000 mètres carrés, contre des frais antérieurs pouvant atteindre, selon les situations évoquées, quatre à six millions de francs CFA.
La baisse annoncée est substantielle. Elle vise à rapprocher le coût des démarches des capacités financières des ménages et à encourager la régularisation de terrains dont les occupants ne disposent pas encore de titres définitifs. Mais son efficacité dépendra aussi de la lisibilité des procédures, des délais de traitement et de la capacité des citoyens à réunir les pièces nécessaires.
Le chef de l’État a également décidé de prendre intégralement en charge les frais de délivrance des titres fonciers pour 150 compatriotes économiquement faibles, résidant à Libreville comme à l’intérieur du pays. Cette mesure ciblée entend lever l’obstacle financier pour des bénéficiaires particulièrement vulnérables.
Elle constitue un signal social, mais pose également la question de la continuité du dispositif : comment identifier les personnes éligibles, garantir l’équité dans la sélection et étendre progressivement l’accès aux populations qui demeurent exclues de la propriété formalisée ? Une politique foncière durable devra articuler les opérations de masse et les mécanismes d’accompagnement des ménages les plus modestes.
De l’annonce administrative à la sécurité juridique
La production de 16 000 titres représente une accélération notable au regard du stock national annoncé. Elle ne suffit cependant pas, à elle seule, à résoudre les difficultés foncières du pays. La sécurisation de la propriété exige des documents fiables, des registres à jour, des procédures transparentes et une administration capable de prévenir les contestations.
La Conservation foncière, la Société nationale immobilière et les autres services compétents sont mobilisés, tandis que plusieurs milliers de dossiers supplémentaires resteraient en cours de traitement, selon les informations communiquées. Le prochain défi sera donc de maintenir le rythme, d’éviter la reconstitution des retards et de faire en sorte que les titres annoncés deviennent des droits pleinement utilisables par leurs détenteurs.
Il importe aussi de distinguer la finalisation administrative d’un titre, sa remise au bénéficiaire et la sécurité effective du droit qu’il confère. Ces étapes sont complémentaires, mais ne se confondent pas. Le succès de l’opération devra se mesurer au nombre de titres effectivement remis, à la réduction des délais et des coûts, ainsi qu’à la diminution des situations d’incertitude foncière.
La propriété sécurisée est à la fois un instrument de dignité sociale et un fondement de l’investissement. En portant le nombre de titres fonciers annoncé à près de 50 000, le Gabon affiche une ambition concrète de formalisation des droits. Le véritable changement commencera toutefois lorsque les familles pourront exercer ces droits sans obstacles excessifs, dans un système foncier accessible, transparent et fiable. Au-delà de la cérémonie du 22 octobre, c’est cette transformation durable que les citoyens seront en droit d’attendre.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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