Economie

Gabon : À Nkok, le Gabon veut faire de la traçabilité du bois un levier d’industrialisation durable

Libreville, Vendredi 6 Novembre 2026 (Infos Gabon) – La transformation de la filière bois gabonaise ne se joue plus uniquement dans les forêts et les unités de production. Elle dépend aussi de la capacité du pays à garantir l’origine des ressources, à suivre leur circulation et à accroître leur valeur avant leur commercialisation. C’est dans cette perspective que le ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme-Faune, s’est rendu vendredi à la Zone d’investissement spécial (ZIS) de Nkok, afin d’évaluer les dispositifs de traçabilité numérique et les avancées de la transformation locale du bois.

Au cœur de cette visite de terrain, la plateforme interne développée par Gabon Special Economic Zone (GSEZ) a retenu l’attention du membre du gouvernement. Depuis 2024, cet outil permet le suivi numérique par code QR de l’ensemble des volumes de grumes transitant dans la chaîne logistique de la zone. À fin septembre 2026, environ 570 000 mètres cubes avaient ainsi été enregistrés, selon les données communiquées par l’entreprise. Une performance qui illustre la place croissante des technologies dans le contrôle des flux de matières premières et la gestion des activités industrielles.

Cette traçabilité constitue un enjeu stratégique pour une filière soumise à des exigences environnementales et commerciales de plus en plus strictes. Les référentiels internationaux, notamment la certification FSC et le règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE), renforcent les obligations de transparence sur l’origine du bois et son parcours. Pour les opérateurs gabonais, la capacité à documenter les approvisionnements devient ainsi un facteur de conformité, mais également de compétitivité sur les marchés internationaux.

Le ministre a salué les résultats présentés à Nkok, tout en rappelant une exigence essentielle. Les dispositifs privés de suivi doivent être pleinement articulés au Système national de traçabilité du bois du Gabon (SNTBG). L’objectif est d’éviter la juxtaposition de mécanismes isolés et de construire une architecture cohérente, placée sous l’autorité du cadre national. Au-delà de la traçabilité environnementale, cette intégration doit contribuer à renforcer la transparence de la filière, la fiabilité des données et la sécurisation des recettes publiques issues de l’exploitation forestière.

La visite s’est ensuite poursuivie dans les installations de Starply et de Chanta Group. Dans ces unités industrielles, l’attention s’est portée sur la transformation locale, avec un appel à accélérer la troisième transformation du bois. Cette étape, qui consiste à fabriquer des produits finis ou à plus forte valeur ajoutée, représente un enjeu majeur pour dépasser le modèle fondé sur l’exportation de matières premières ou de produits faiblement transformés.

Pour le Gabon, l’ambition est double. Mieux contrôler l’exploitation de sa ressource forestière et capter davantage de richesse sur son territoire. La montée en gamme industrielle peut favoriser l’investissement, diversifier les débouchés et créer des emplois qualifiés, notamment pour les jeunes Gabonais. Mais elle suppose des équipements adaptés, des compétences techniques, un accès aux marchés et une politique industrielle cohérente.

À Nkok, le gouvernement a ainsi rappelé que la modernisation de la filière bois ne saurait se limiter à la performance des outils numériques. La traçabilité doit garantir une gestion responsable de la ressource, tandis que la transformation locale doit produire des retombées économiques et sociales perceptibles. C’est à cette double condition que l’industrialisation du bois pourra devenir un véritable moteur de développement durable pour le Gabon.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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