Economie

À Bitam, l’agriculture devient un levier d’émancipation

Libreville, Jeudi 23 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Au nord du Gabon, dans le département du Ntem, une initiative agricole illustre une nouvelle approche du développement rural où l’inclusion sociale, l’autonomisation économique des femmes et la sécurité alimentaire avancent de concert. À Nkok-Loa, près de Bitam, cinquante jeunes filles mères et veuves participent à un projet agricole soutenu par TotalEnergies et l’Organisation internationale de la Francophonie.

Bien plus qu’un simple programme de production vivrière, cette initiative ambitionne de transformer durablement les conditions de vie de femmes souvent confrontées à la précarité, en faisant de l’agriculture un véritable instrument d’indépendance économique.

La récente mission conjointe menée par les représentants de TotalEnergies et de l’Organisation internationale de la Francophonie témoigne de l’importance accordée à ce projet. Venue évaluer son état d’avancement, la délégation a constaté les progrès réalisés sur le terrain et réaffirmé son engagement en faveur d’une agriculture inclusive capable de générer des revenus durables dans les zones rurales.

Une agriculture au service de l’inclusion sociale

Avant de rejoindre le site de production, les représentants des deux partenaires ont rencontré les autorités locales, conformément aux usages républicains, avant d’assister à une présentation détaillée du projet assurée par Meye Me Ndong, secrétaire général du CEAD. Cette étape a permis de rappeler les ambitions de cette initiative lancée en novembre 2024 et désormais entrée dans sa phase opérationnelle.

Développé sur une superficie de vingt hectares, le projet repose principalement sur la culture du manioc et de la banane, deux productions essentielles pour l’alimentation des ménages et les circuits commerciaux locaux. Le choix de ces cultures répond à une logique économique autant qu’alimentaire. Elles présentent un fort potentiel de valorisation tout en contribuant à renforcer la sécurité alimentaire des communautés rurales.

Mais la véritable singularité de cette initiative réside dans son public bénéficiaire. Les cinquante femmes regroupées au sein d’une coopérative sont essentiellement des jeunes filles mères et des veuves, catégories particulièrement exposées aux difficultés économiques et à la vulnérabilité sociale. En leur donnant accès à un outil de production, à une organisation collective et à des perspectives de revenus, le projet entend favoriser une autonomie durable plutôt qu’une assistance ponctuelle.

Des partenaires engagés pour un développement durable

Sur le terrain, la délégation conduite par Fademba Madakome Waguema, représentante de l’Organisation internationale de la Francophonie pour l’Afrique centrale, et Marieme Sav Siw, vice-présidente Engagement de TotalEnergies, a pu mesurer l’évolution des travaux et la bonne exécution des différentes étapes du programme.

L’exploitation des premières récoltes est attendue au cours de l’année 2027. Au-delà des volumes de production, les partenaires suivent avec attention la structuration de la coopérative, l’accompagnement des bénéficiaires et la mise en place d’un modèle économique capable de garantir la pérennité de l’exploitation.

Cette démarche s’inscrit dans une évolution des politiques de responsabilité sociétale des entreprises et des organisations internationales. Il ne s’agit plus uniquement de financer des infrastructures ou des projets ponctuels, mais d’accompagner des initiatives génératrices de revenus, créatrices d’emplois et porteuses d’un impact social durable.

Dans un contexte où l’agriculture demeure l’un des principaux moteurs de diversification des économies africaines, l’appui aux coopératives féminines apparaît comme un levier stratégique pour réduire les inégalités, renforcer les économies locales et améliorer les conditions de vie des populations rurales.

L’autonomisation des femmes comme moteur du développement

Pour les acteurs impliqués, l’agriculture constitue bien davantage qu’un secteur de production. Elle représente un outil d’émancipation économique, capable de permettre aux femmes de construire leur autonomie financière tout en participant activement au développement de leur communauté.

Le maire de Bitam, Jules Mbelé Asseko, a d’ailleurs salué une initiative qu’il inscrit dans les orientations sociales impulsées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon lui, l’amélioration du bien-être des populations passe notamment par le soutien aux projets favorisant l’insertion économique des catégories les plus vulnérables.

Cette vision rejoint les priorités portées à l’échelle continentale par de nombreuses institutions internationales. L’autonomisation économique des femmes est aujourd’hui reconnue comme un facteur déterminant de réduction de la pauvreté, d’amélioration de la sécurité alimentaire et de développement durable. Les études montrent que les revenus générés par les femmes sont largement réinvestis dans l’éducation, la santé et l’alimentation des familles, produisant des effets positifs qui dépassent le seul cadre individuel.

À Nkok-Loa, cette réalité commence déjà à prendre forme. En misant sur l’organisation collective, la production agricole et l’accompagnement de cinquante femmes vers l’entrepreneuriat rural, TotalEnergies, l’Organisation internationale de la Francophonie et leurs partenaires démontrent qu’une agriculture bien structurée peut devenir un puissant levier de transformation sociale.

Au-delà des premières récoltes attendues en 2027, le véritable succès du projet se mesurera à sa capacité à créer des parcours d’autonomie, à renforcer les économies locales et à faire de ces bénéficiaires les actrices d’un développement rural plus inclusif et plus durable.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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