Afreximbank accélère et renforce ses fondations
Libreville, Mercredi 26 Août 2026 (Infos Gabon) – Afreximbank aborde le second semestre 2026 avec des indicateurs qui traduisent une montée en puissance à la fois commerciale, financière et institutionnelle. Pour les six premiers mois de l’année, la Banque Africaine d’Import-Export annonce un résultat net de 534,7 millions de dollars, en hausse de 30 % sur un an, tandis que ses actifs et engagements conditionnels atteignent 52,3 milliards de dollars.
Derrière ces chiffres se dessine une réalité plus stratégique pour le continent. L’institution dispose désormais d’une capacité financière suffisamment importante pour absorber les turbulences, élargir ses interventions et continuer à financer la transformation des économies africaines et caribéennes.
Le bilan arrêté au 30 juin 2026 montre une progression de 7,8 % des actifs et engagements conditionnels du groupe, contre 48,5 milliards à fin 2025. Les prêts et avances nets ont augmenté de 5,7 %, à 35,4 milliards de dollars. La croissance du bilan traduit donc moins une expansion comptable qu’une activité de crédit plus soutenue, dans un contexte où les entreprises et les États africains restent confrontés à des conditions de financement internationales exigeantes.
Plus remarquable encore, cette progression ne s’est pas accompagnée d’une détérioration de la qualité du portefeuille. Le ratio de prêts non performants est tombé à 2,20 %, contre 2,43 % six mois auparavant. La banque conserve par ailleurs une position de liquidité solide, avec des actifs liquides représentant 13 % du total du bilan, dans sa fourchette stratégique de 10 à 15 %. Les fonds propres progressent également à 8,5 milliards de dollars.
Une rentabilité qui finance l’ambition
La performance opérationnelle donne une autre dimension à ces résultats. Le produit net d’intérêts a bondi de 22 %, à 1 milliard de dollars, tandis que les revenus de frais et commissions ont progressé de 15 %, à 71,1 millions. Au total, le résultat net atteint 534,7 millions de dollars, contre 412,7 millions au premier semestre 2025.
Le rendement moyen des fonds propres s’établit à 13 %, contre 11 % un an plus tôt, tandis que le rendement moyen des actifs atteint 2,54 %, contre 2,22 %. Le ratio coûts-revenus reste contenu à 20 %, malgré les pressions inflationnistes et la progression des charges de personnel.
Cette combinaison est importante. Pour une banque multilatérale de développement, la rentabilité n’est pas une finalité en soi. Elle constitue une capacité supplémentaire à absorber le risque, renforcer le capital et financer davantage de projets. C’est ce que souligne Denys Denya, premier vice-président exécutif d’Afreximbank, qui présente la solidité du bilan comme un moyen de continuer à soutenir le commerce, l’industrialisation et l’investissement dans un environnement mondial plus instable.
L’enjeu est considérable. L’Afrique doit simultanément financer ses infrastructures, développer ses industries, soutenir son commerce intra-africain et réduire le coût de ses échanges extérieurs. Les travaux de recherche publiés dans le Journal of African Trade montrent d’ailleurs que les États africains continuent de payer, en moyenne, une prime de financement sur les marchés internationaux par rapport à des économies comparables.
Le marché valide la stratégie
La confiance des investisseurs apparaît également dans les opérations de financement réalisées autour de la période. Après le semestre, Afreximbank a levé 1,5 milliard de dollars sur les marchés internationaux à travers une émission obligataire en deux tranches, de 750 millions de dollars à 5,5 ans et de 750 millions à dix ans. L’offre, sursouscrite environ deux fois, constitue selon la banque sa plus importante émission internationale à ce jour.
Cette capacité à accéder à plusieurs marchés n’est pas nouvelle. Afreximbank a progressivement diversifié ses sources de financement, notamment avec son émission inaugurale de Samurai bonds en 2024, qui avait permis de lever l’équivalent de 530 millions de dollars sur le marché japonais.
Cette diversification devient aujourd’hui un avantage stratégique. Dans un monde où les conditions monétaires, les tensions géopolitiques et les risques souverains peuvent modifier brutalement le coût du capital, disposer d’un accès large aux marchés permet à Afreximbank de ne pas dépendre d’une seule source de liquidité.
Le véritable enjeu est désormais de transformer cette puissance financière en impact économique mesurable. Les milliards mobilisés doivent financer davantage d’entreprises africaines, d’infrastructures, d’industries et d’échanges régionaux. La banque devra simultanément conserver la discipline qui explique la qualité actuelle de son bilan.
Les chiffres du premier semestre 2026 donnent donc un signal particulièrement fort. Afreximbank n’est plus seulement une banque qui accompagne le commerce africain. Elle devient progressivement l’une des architectures financières sur lesquelles le continent peut appuyer son intégration et sa transformation. Sa réussite future se mesurera moins à la taille de son bilan qu’à sa capacité à convertir cette solidité financière en croissance productive, en industrialisation et en commerce africain mieux financé.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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