Afrique Economie International

Chine : L’Afrique réclame des résultats à Dalian

Libreville, Vendredi 26 Juin 2026 (Infos Gabon) – À Dalian, en Chine, au cœur de l’un des rendez-vous économiques les plus influents de la planète, le Gabon a porté un message qui dépasse largement ses frontières.

Face aux dirigeants politiques, investisseurs internationaux, chefs d’entreprise et experts réunis à la Réunion annuelle des Nouveaux Champions du Forum économique mondial, plus connue sous le nom de Summer Davos, le ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a lancé un appel direct à la communauté internationale. L’heure n’est plus aux déclarations d’intention. L’heure est à l’efficacité, aux investissements productifs et aux résultats concrets.

Cette prise de position intervient dans un contexte mondial marqué par une accélération sans précédent des transformations technologiques, des tensions géopolitiques croissantes et une reconfiguration profonde des chaînes de valeur internationales. Pour le Gabon, comme pour une grande partie de l’Afrique, la question n’est plus seulement de participer à l’économie mondiale, mais d’y occuper une place capable de générer des emplois, des compétences et de la prospérité durable.

Le paradoxe africain

Le thème de cette édition 2026, « Innovating at Scale », invitait les participants à réfléchir aux conditions permettant de transformer l’innovation en moteur de croissance à grande échelle. C’est dans ce cadre que Mark-Alexandre Doumba est intervenu lors du panel intitulé « Less Talking, More Deals », consacré à l’avenir du commerce international, de l’investissement et de la coopération économique.

Le constat présenté par le ministre est sans appel. Alors que le commerce mondial a été multiplié par plus de cinq depuis les années 1970, la part de l’Afrique dans les exportations mondiales est passée de 4,8 % à seulement 2,7 %. Une réalité qui illustre le paradoxe africain. Le continent dispose d’immenses ressources naturelles, d’une population jeune et d’un potentiel de croissance reconnu, mais demeure marginalisé dans les circuits internationaux de création de valeur.

Pour le représentant gabonais, cette situation démontre les limites des modèles de coopération actuels. Les échanges commerciaux ne peuvent plus être considérés comme une finalité statistique. Ils doivent devenir des instruments capables de transformer les économies locales.

Transformer plutôt qu’exporter

Le message porté par le Gabon s’inscrit dans une réflexion de plus en plus partagée parmi les économies émergentes. Les investissements étrangers et les partenariats internationaux doivent produire davantage que des flux financiers. Ils doivent favoriser le transfert de technologies, le développement des compétences locales, l’industrialisation et la création d’emplois qualifiés.

« Dans un monde où l’innovation progresse à une vitesse sans précédent, la véritable question n’est plus de savoir si nous devons coopérer, mais comment rendre cette coopération plus efficace », a déclaré Mark-Alexandre Doumba devant les participants du Forum.

Pour le Gabon, cette vision se traduit par une volonté affirmée de développer des activités créatrices de valeur sur son territoire. Numérique, innovation, transformation industrielle et modernisation économique constituent désormais les piliers de la stratégie nationale impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Cette orientation vise à réduire progressivement la dépendance aux exportations brutes tout en positionnant le pays sur des segments plus compétitifs de l’économie mondiale.

Le retour du pragmatisme économique

Au-delà du cas gabonais, l’intervention de Dalian révèle une évolution plus profonde des attentes africaines vis-à-vis du système économique international. Les États du continent ne demandent plus uniquement un accès aux marchés ou des financements. Ils réclament désormais des partenariats capables d’accompagner leur montée en puissance économique.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’un multilatéralisme plus réactif et mieux adapté à la rapidité des mutations technologiques. Intelligence artificielle, transformation numérique, nouvelles chaînes logistiques et transition énergétique redessinent les rapports économiques mondiaux à une vitesse qui dépasse souvent celle des institutions internationales.

Les discussions du Forum ont mis en évidence un consensus croissant. Aucun État, aucune entreprise et aucune organisation ne peut répondre seul à ces défis. La coopération demeure indispensable, mais elle doit évoluer vers des mécanismes plus efficaces et davantage orientés vers les résultats.

En marge des travaux, Mark-Alexandre Doumba a multiplié les échanges avec plusieurs partenaires institutionnels et économiques afin d’identifier de nouvelles opportunités de coopération et d’investissement pour le Gabon.

Le message porté à Dalian est finalement celui d’une Afrique qui refuse désormais d’être spectatrice de sa propre croissance. Le continent entend participer pleinement aux transformations du XXIe siècle, mais selon des règles qui lui permettent de créer davantage de richesse sur son sol. À travers la voix du Gabon, c’est cette exigence de pragmatisme économique qui s’est imposée au Summer Davos. Une exigence qui pourrait bien devenir l’un des grands marqueurs de la nouvelle diplomatie économique africaine.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI La transformation au centre des priorités du Gabon

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *