Economie

Gabon : Bikélé, le chantier de 1 600 logements passe à l’épreuve du réel

Libreville, Jeudi 13 Août 2026 (Infos Gabon) – À Bikélé, le programme de 1 600 logements entre dans une phase où les annonces doivent désormais céder la place aux résultats.

Le ministre du Logement et de l’habitat, Mays Mouissi, s’est rendu mercredi sur le site pour réunir les principaux acteurs du projet, mesurer l’état réel d’avancement des opérations et identifier les obstacles susceptibles de ralentir leur réalisation. Derrière cette réunion de chantier se joue une question devenue stratégique pour le Gabon, celle de sa capacité à transformer rapidement ses ambitions en logements effectivement livrés aux populations.

La séance de travail a rassemblé un large éventail d’acteurs publics et privés. La Société nationale immobilière, la Caisse des dépôts et consignations et BGFI Immo ont pris part aux échanges aux côtés des entreprises Urban Life, SOBEC et AGES, de cabinets d’expertise et des opérateurs chargés de la viabilisation, notamment la SEEG et Gabon Telecom. Cette configuration souligne la complexité d’un programme immobilier de cette ampleur. Construire des logements ne consiste pas seulement à ériger des bâtiments. Il faut également assurer l’accès à l’eau, à l’électricité, aux télécommunications, organiser les financements, coordonner les entreprises et rendre les terrains réellement habitables.

C’est précisément cette chaîne d’exécution que le gouvernement cherche désormais à resserrer. La réunion conduite à Bikélé devait permettre de dresser un état des lieux précis, d’identifier les difficultés techniques et logistiques et de déterminer les mesures susceptibles d’accélérer les travaux. Après les discussions, Mays Mouissi s’est rendu directement sur le chantier afin de confronter les échanges administratifs à la réalité du terrain.

Cette démarche traduit un changement d’approche important. Dans un secteur où les projets immobiliers peuvent s’enliser sous l’effet des retards de financement, des problèmes de raccordement ou de la coordination insuffisante entre intervenants, le suivi régulier devient une condition de crédibilité. Pour les ménages en attente d’un logement, la valeur d’un programme ne se mesure pas à son nombre de maisons annoncées, mais au nombre de clés effectivement remises.

Le projet des 1 600 logements constitue l’une des réponses affichées par les autorités au déficit de logements qui affecte le pays. Porté au plus haut niveau par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, il doit contribuer à élargir l’offre résidentielle et à répondre à une demande qui dépasse largement les capacités actuelles du marché.

Mais l’urgence sociale impose également de regarder au-delà du seul volume. Les futurs logements devront être correctement viabilisés, accessibles et accompagnés des services essentiels. Un logement sans eau, sans électricité, sans voies praticables ou sans connectivité reste une réponse incomplète aux besoins urbains.

À Bikélé, le message du gouvernement est désormais clair. Il faut accélérer, coordonner et livrer. Le véritable test de ce programme sera sa capacité à passer du chantier au quartier, puis du quartier à la remise effective des clés. Dans un Gabon confronté à une forte pression sur l’habitat, les 1 600 logements ne constituent pas seulement un projet immobilier. Ils représentent un test grandeur nature de la capacité de l’État et de ses partenaires à produire rapidement une réponse concrète à une urgence sociale.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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