Economie

El-Hadji Diouf : Une incursion remarquée dans la filière bois gabonaise

Libreville, Lundi 2 Novembre 2026 (Infos Gabon) – La présence d’El-Hadji Diouf au ministère des Eaux et Forêts a donné une visibilité inattendue à un projet industriel porté par MOPAT Group. Reçu la semaine dernière par le ministre Maurice Ntossui Allogo, l’ancien international sénégalais figurait aux côtés d’une délégation d’hommes d’affaires venue présenter des perspectives d’investissement dans la transformation locale du bois. Une rencontre qui soulève une question centrale, celle de la nature de son implication dans cette initiative.

Autour du ministre dés eaux et forêts, les échanges ont notamment réuni Habyba Thiero, cofondatrice de MOPAT Group et coordinatrice de projets, ainsi que Djimet Beassoum, directeur des opérations. Le groupe envisage de développer au Gabon une usine de fabrication de mobilier en bois. L’ambition affichée s’inscrit dans une orientation économique devenue stratégique pour le pays, qui cherche à ne plus limiter sa place dans le secteur forestier à l’exploitation et à la première transformation de la ressource.

La présence de Diouf, figure connue du football africain et ancien joueur de l’équipe nationale du Sénégal, n’est donc pas passée inaperçue. Elle apporte une dimension médiatique à une démarche qui relève d’abord de l’investissement industriel. Toutefois, aucun rôle précis de l’ancien footballeur dans le projet n’a été officiellement détaillé. Sa participation à la rencontre ne permet pas, à elle seule, de conclure à un engagement financier, opérationnel ou à une fonction particulière au sein du groupe.

Un projet dans une filière en mutation

L’intérêt de cette initiative se mesure surtout à l’aune des enjeux de transformation du bois au Gabon. Depuis plusieurs années, le pays cherche à renforcer la valeur ajoutée produite localement, à développer les compétences industrielles et à faire émerger des activités capables de générer davantage d’emplois. La fabrication de mobilier représente un débouché potentiel de troisième transformation, avec une chaîne de valeur qui peut mobiliser conception, fabrication, finition, commercialisation et distribution.

Une telle unité pourrait contribuer à diversifier les produits issus de la ressource forestière et à ouvrir de nouvelles perspectives commerciales. Mais ses retombées dépendront de conditions concrètes, notamment la capacité d’investissement, l’approvisionnement durable en bois, la qualification de la main-d’œuvre, la compétitivité des produits et l’accès aux marchés.

L’annonce devra résister à l’épreuve des faits

Pour l’heure, le projet demeure une perspective présentée par MOPAT Group. Aucun calendrier d’implantation, montant d’investissement, volume de production ou objectif d’emplois n’a été précisé dans les informations rendues publiques. Ces éléments seront déterminants pour apprécier la portée réelle de l’initiative.

La venue d’une personnalité comme El-Hadji Diouf peut attirer l’attention sur une ambition industrielle. Elle ne saurait cependant tenir lieu de garantie économique. Le Gabon a besoin d’investisseurs capables de transformer les annonces en équipements, en emplois qualifiés et en débouchés durables pour les produits locaux.

Au-delà de la curiosité suscitée par cette rencontre, le véritable enjeu est donc celui de la concrétisation. Dans une filière où la création de valeur locale constitue un objectif majeur, la réussite ne se mesurera ni à la notoriété des personnalités présentes ni aux images officielles, mais à la capacité de faire émerger une industrie compétitive et durable.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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