Gabon : 1 162 projets pour reprendre le contrôle de l’investissement public
Libreville, Mardi 3 Novembre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon dispose désormais d’une cartographie beaucoup plus étendue de ses investissements publics. Avec 1 162 projets recensés dans les neuf provinces, contre 675 auparavant, l’État enrichit considérablement son outil de pilotage économique. Présentée le 30 octobre dernier par le Commissariat général au Plan, cette actualisation ajoute 487 opérations au portefeuille national, soit une progression de 72 %. Derrière cette hausse, une ambition essentielle se dessine, celle de mieux savoir où va l’argent public, quels chantiers avancent et lesquels restent immobilisés.
Cette opération, conduite avec l’appui de la Banque mondiale à travers le projet Hiswaka, repose sur une mission complémentaire menée du 10 au 24 mai 2026. Les équipes ont procédé à des vérifications documentaires et à des visites de terrain dans les neuf provinces, afin de préciser la localisation des projets, les administrations responsables, leurs sources de financement et leur niveau d’exécution. L’objectif est de constituer un référentiel national permettant de rapprocher la programmation budgétaire de la réalité des investissements.
Sortir de la logique du recensement
La portée de cette cartographie apparaît plus clairement à la lumière des données antérieures. En 2025, sur les 675 projets initialement identifiés, 51,56 % étaient en cours d’exécution, 24,74 % n’avaient pas encore démarré et 18,22 % étaient à l’arrêt. Ces chiffres révèlent une difficulté qui dépasse la question du nombre de projets inscrits dans les programmes publics. Un investissement annoncé ou budgétisé ne devient pas automatiquement une infrastructure fonctionnelle, un service accessible ou une amélioration des conditions de vie.
L’enjeu de la nouvelle base de données est donc de distinguer les opérations susceptibles d’être achevées rapidement, celles qui nécessitent des financements complémentaires et celles dont les blocages doivent être résolus. Une telle visibilité peut limiter la dispersion des ressources, améliorer la coordination entre les ministères et permettre aux autorités de prendre des décisions fondées sur l’état réel des chantiers.
Mais recenser ne suffit pas. La qualité de l’information, son actualisation régulière et la capacité des administrations à s’en servir seront déterminantes. Une cartographie n’a de valeur que si elle conduit à des arbitrages, à des responsabilités clairement établies et à un suivi rigoureux des résultats.
Le budget 2027 sous le regard de l’efficacité
Cette démarche intervient à un moment particulièrement important. Le projet de budget 2027 prévoit 1 058,4 milliards de FCFA de dépenses d’investissement, dont 287,3 milliards issus de financements extérieurs. L’enveloppe est inférieure de 110,7 milliards à celle inscrite dans le collectif budgétaire de 2026. Dans un contexte de ressources contraintes, la sélection des projets et la maîtrise de leur exécution deviennent donc des impératifs économiques.
Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 devra précisément s’appuyer sur cette capacité à transformer les crédits en réalisations. Les besoins des provinces sont nombreux et les attentes des populations portent autant sur les infrastructures que sur l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins, à l’éducation et aux voies de communication. La répartition territoriale des investissements ne peut ainsi se limiter à une logique administrative. Elle doit répondre à des priorités clairement identifiées et mesurables.
La performance publique comme prochaine échéance
Pour le gouvernement, le véritable test commence maintenant. Il faudra démontrer que les 1 162 projets recensés permettent de mieux programmer les dépenses, d’accélérer les opérations viables et de traiter les chantiers en difficulté. La publication d’indicateurs réguliers sur les délais, les décaissements, les coûts et les réalisations physiques renforcerait également la transparence envers les citoyens.
Le Gabon franchit une étape utile en améliorant sa connaissance de l’investissement public. Mais la performance d’un État ne se mesure pas au volume de son portefeuille de projets. Elle se mesure à sa capacité à terminer ce qu’il entreprend, à maîtriser les coûts et à produire des services durables. Les 1 162 projets constituent désormais une base de travail. Ils devront surtout devenir 1 162 engagements évaluables devant les citoyens.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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