Economie

Gabon – BAD : Le nouveau pacte des projets prioritaires

Libreville, Samedi 15 Août 2026 (Infos Gabon) – Le partenariat entre le Gabon et la Banque africaine de développement entend changer d’échelle. Reçu vendredi 14 août à Libreville par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, le nouveau président de la BAD, Sidi Ould Tah, a engagé un échange qui dépasse le simple état des lieux du portefeuille de l’institution au Gabon.

Au cœur de cette rencontre, une question désormais centrale pour les autorités gabonaises, celle de la capacité des financements extérieurs à produire des résultats visibles et immédiats sur les conditions de vie des populations.

Accompagné de Nouredine Kane Dia, représentant résident de la BAD au Gabon, le président de l’institution panafricaine a ainsi pu mesurer les priorités fixées par le Chef de l’État. Deux urgences se détachent nettement, l’accès à l’eau et à l’électricité d’une part, la transformation du secteur agricole d’autre part. Deux secteurs qui touchent directement la vie quotidienne des ménages, mais qui conditionnent également la compétitivité économique du pays.

L’eau et l’électricité comme priorité nationale

Le choix de placer l’approvisionnement énergétique et hydraulique au sommet de l’agenda n’est pas anodin. Pour le Gabon, l’amélioration de la fourniture d’eau et d’électricité constitue désormais un enjeu de développement, mais aussi de confiance publique. Le pays doit renforcer ses capacités de production et de distribution afin de répondre à une demande croissante et de réduire les tensions qui affectent régulièrement les populations.

La BAD entend accompagner cette orientation à travers le financement de projets structurants. Les discussions portent notamment sur le renforcement de l’approvisionnement en eau à partir des ressources du fleuve Komo, conformément aux orientations des autorités gabonaises. Cette perspective suppose une mobilisation coordonnée des compétences techniques, des financements et des opérateurs nationaux, afin de transformer une ressource disponible en service public durable.

L’enjeu dépasse donc la seule réalisation d’infrastructures. Il s’agit de construire une réponse durable aux déficits existants, avec des investissements capables d’améliorer simultanément la qualité du service, sa continuité et son accessibilité.

Produire davantage pour réduire les importations

L’autre priorité mise en avant par Brice Clotaire Oligui Nguema concerne l’agriculture. Le constat est stratégique. Un pays qui importe une part importante de son alimentation demeure exposé aux fluctuations des marchés internationaux, aux coûts logistiques et aux crises d’approvisionnement.

Le Chef de l’État souhaite ainsi orienter davantage les interventions de la BAD vers le développement de la production locale et la recherche d’une véritable autosuffisance alimentaire. L’ambition consiste à stimuler les filières agricoles, soutenir les producteurs et réduire progressivement la dépendance aux importations.

Cette orientation donne au partenariat avec la BAD une portée économique plus large. L’investissement agricole peut en effet agir simultanément sur l’emploi, les revenus ruraux, la sécurité alimentaire et la création de chaînes de valeur nationales. Encore faut-il que les financements soient accompagnés d’infrastructures, de mécanismes d’accès au marché et d’un environnement favorable à l’investissement privé.

Passer d’un partenariat financier à un partenariat d’impact

La rencontre de Libreville traduit précisément cette volonté de réorienter la relation entre le Gabon et la BAD. Le Chef de l’État s’est félicité de l’excellence des relations entre les deux parties et a réaffirmé sa détermination à les préserver et à les renforcer. Mais le message présidentiel paraît surtout porter sur la nécessité de mieux structurer les engagements du Gabon afin que les interventions de la Banque ciblent prioritairement les secteurs susceptibles de produire un impact socio-économique direct.

Cette évolution est importante. Elle suggère une approche plus sélective du financement du développement, fondée non seulement sur le volume des ressources mobilisées, mais sur leur capacité à répondre aux urgences nationales et à générer des effets mesurables.

Pour le Gabon, le défi sera désormais de transformer cette convergence politique en projets financés, exécutés et évalués dans la durée. Pour la BAD, l’enjeu sera de démontrer que son intervention peut contribuer concrètement à résoudre les contraintes qui freinent le développement du pays.

L’entretien du 14 août ouvre ainsi une nouvelle séquence. L’eau, l’électricité et l’agriculture deviennent les marqueurs d’un partenariat appelé à privilégier les résultats plutôt que les annonces. Dans un contexte où les populations attendent des améliorations tangibles, la réussite de cette nouvelle orientation se mesurera moins aux montants engagés qu’à la capacité des projets à changer durablement la vie quotidienne. C’est sur ce terrain, celui de l’impact, que le partenariat entre le Gabon et la BAD devra désormais faire ses preuves.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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