Gabon : le gouvernement riposte aux accusations de Sylvia Bongo et hausse le ton contre certains médias internationaux
Libreville, Lundi 9 Mars 2026 (Infos Gabon) – Une interview de l’ancienne Première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, diffusée sur France 24, a ravivé les tensions politiques à Libreville.
Accusant les autorités de transition de mauvais traitements pendant sa détention, l’épouse de l’ex-président Ali Bongo Ondimba a suscité une réaction immédiate du gouvernement, qui dénonce des « allégations diffamatoires » et n’exclut pas des mesures contre certains médias étrangers.
Une interview qui relance une affaire sensible
Dans cet entretien accordé à la chaîne d’information internationale France 24, Sylvia Bongo Ondimba revient sur les conditions de sa détention après les événements politiques d’août 2023 au Gabon.
Elle affirme avoir subi, avec son fils Noureddin Bongo Valentin, des traitements humiliants et des violences durant leur période d’incarcération à Libreville.
Ces déclarations ont rapidement circulé dans les médias internationaux et sur les réseaux sociaux, alimentant les débats autour des procédures judiciaires visant certains proches de l’ancien pouvoir.
Une réaction ferme des autorités
Face à ces accusations, le gouvernement gabonais a réagi publiquement lors d’une conférence de presse organisée le 8 mars dans la capitale.
Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a rejeté catégoriquement les propos de l’ancienne Première dame. Selon lui, les personnes concernées par les procédures judiciaires ont été traitées « dans le respect des règles de droit et de la dignité humaine ».

Le membre du gouvernement a dénoncé ce qu’il considère comme des récits « déformés » relayés dans certains médias, affirmant que les poursuites engagées contre Sylvia Bongo Ondimba, son fils et leurs co-accusés relèvent exclusivement de décisions judiciaires.
Un contexte politique hérité de la transition de 2023
Les autorités ont également replacé cette polémique dans le contexte de la transition politique ouverte après la prise de pouvoir du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) le 30 août 2023.
Selon Germain Biahodjow, cette intervention militaire s’était déroulée « sans effusion de sang » et avait pour objectif de préserver la stabilité du pays et de réformer les institutions.
Le gouvernement affirme depuis concentrer son action sur plusieurs priorités nationales, notamment l’amélioration de l’accès aux services essentiels comme l’eau et l’électricité ainsi que la modernisation des infrastructures publiques.
Menace de suspension pour certains médias étrangers
Au cours de la conférence de presse, le ministre a également évoqué la couverture médiatique internationale de l’affaire, critiquant la diffusion d’informations jugées insuffisamment vérifiées.
Il a averti que l’État gabonais pourrait envisager des mesures à l’encontre de certains médias si ces pratiques se poursuivaient. Parmi les options évoquées figure la suspension temporaire de la diffusion de France 24 sur le territoire national.
Une telle décision, si elle était prise, relancerait le débat sur les relations parfois tendues entre autorités politiques et médias internationaux.
Un forum citoyen annoncé sur les réseaux sociaux
Au-delà de cette polémique, le gouvernement a annoncé l’organisation prochaine d’un forum national consacré à la régulation des réseaux sociaux.
Selon Germain Biahodjow, cette rencontre vise à réfléchir aux mécanismes permettant d’encadrer les contenus numériques afin de préserver « le respect et la dignité » dans l’espace public en ligne.
Des discussions avec certaines plateformes, notamment TikTok, pourraient également être engagées pour mieux encadrer leur fonctionnement dans le pays.
Une controverse loin d’être close
Malgré la fermeté affichée par le gouvernement, la controverse autour des déclarations de Sylvia Bongo Ondimba reste ouverte.
Les procédures judiciaires engagées contre plusieurs personnalités de l’ancien régime continuent de susciter un vif intérêt dans l’opinion publique gabonaise comme à l’international.
Dans ce climat encore marqué par la fin de la transition politique, l’affaire illustre les tensions persistantes entre l’ancien pouvoir et les autorités issues du changement intervenu en 2023.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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