Gabon : Makokou change de visage
Libreville, Mardi 25 Août 2026 (Infos Gabon) – À quelques jours de la troisième édition de la Fête de la Libération, Makokou offre désormais un visage qui n’est plus tout à fait celui d’hier. L’ouverture prochaine du nouveau marché municipal et l’aménagement de sa voie d’accès constituent deux des transformations les plus visibles engagées dans la capitale de l’Ogooué-Ivindo.
Au-delà des bâtiments, ces infrastructures touchent à deux fonctions essentielles d’une ville qui veut changer d’échelle, commercer dans de meilleures conditions et circuler plus facilement.
Le nouveau marché, implanté à Allarmintang, doit être officiellement inauguré dans les prochains jours à l’occasion de la venue du président Brice Clotaire Oligui Nguema pour les célébrations du 30 août. Le chantier avait été identifié parmi les principaux projets à accélérer avant l’événement national. En juin, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault avait notamment inspecté le site avec les autres grands chantiers engagés dans la ville.
L’enjeu dépasse cependant la seule échéance cérémonielle. Un marché municipal moderne peut modifier durablement l’organisation commerciale d’une ville en offrant aux vendeurs et aux acheteurs un espace mieux structuré, plus accessible et davantage adapté aux exigences sanitaires et urbaines. Pour Makokou, où les conditions d’exercice du commerce ont longtemps reposé sur des installations moins adaptées, la nouvelle infrastructure représente un changement de statut autant qu’un nouvel équipement.
Une route pour ouvrir un marché
La construction du marché n’aurait toutefois qu’une portée limitée sans la route qui doit le relier au reste de la ville. Le tronçon actuellement aménagé, d’environ 250 mètres jusqu’au marché, s’inscrit dans une voie plus longue d’environ 1,1 kilomètre. Large de huit mètres, elle est réalisée en béton sur une couche de latérite de 30 centimètres, avec une dalle de 15 centimètres d’épaisseur, selon les données communiquées par les responsables du chantier.
Pour Ralph Makounga Manfoumbi, conducteur des travaux de l’entreprise Le Roi des Chantiers, le calendrier permettait d’envisager une pré-réception avant le 30 août. Cette perspective illustre la pression exercée sur les différents chantiers de Makokou, où les autorités ont demandé une accélération afin que les réalisations annoncées soient effectivement visibles lors des festivités.
Mais cette voie représente surtout plus qu’un simple accès au marché. Les témoignages recueillis localement montrent qu’elle doit aussi améliorer la desserte de zones où les habitants se rendent pour leurs activités et leur approvisionnement, notamment pour la pêche. Une habitante explique ainsi que, par temps de pluie, l’ancien accès devenait pratiquement impraticable, parfois même à pied. La nouvelle route peut donc réduire une contrainte quotidienne qui pesait directement sur les activités économiques.
C’est précisément ce qui donne à l’infrastructure une dimension économique. Une route ne produit de la valeur que lorsqu’elle permet aux personnes, aux marchandises et aux services de circuler plus facilement. En reliant un nouvel équipement commercial aux autres quartiers et aux zones environnantes, elle augmente potentiellement son rayon d’attraction et facilite les échanges.
De la transformation visible à l’économie locale
Le changement est d’autant plus frappant que le site du marché actuel n’était pas destiné à cette fonction. Un habitant, Eba Eba Franck Gabriel, rappelle qu’il s’agissait auparavant d’une zone en eau où il pratiquait la pêche. Sa transformation en équipement commercial illustre la vitesse avec laquelle certains secteurs de Makokou sont aujourd’hui reconfigurés.
Cette mutation s’inscrit dans un programme beaucoup plus large. Les autorités ont engagé simultanément des travaux sur les voiries, les logements, le lycée d’excellence, le centre de formation professionnelle et plusieurs équipements administratifs et hôteliers. À quelques jours du 30 août, Makokou concentre ainsi une partie importante de l’effort d’investissement territorial destiné à donner un nouveau visage à la capitale provinciale.
L’objectif doit néanmoins dépasser l’effet visuel recherché pour la fête. Le véritable test commencera après les cérémonies. Le marché devra attirer durablement les commerçants et les consommateurs, la route devra rester praticable, et les équipements devront être entretenus. Surtout, ces infrastructures devront contribuer à une économie locale plus dynamique et ne pas rester de simples symboles architecturaux.
Cette question est essentielle dans une province appelée à connaître une activité économique croissante, notamment avec le développement de nouveaux projets miniers, forestiers et agricoles. Dans cette perspective, moderniser les marchés et les voies d’accès revient à préparer les conditions matérielles d’une économie plus intégrée.
Le Méga Marché de la CEAG, actuellement installé à Makokou jusqu’au 26 août, illustre d’ailleurs cette nouvelle dynamique commerciale en rapprochant temporairement les produits de première nécessité des consommateurs de l’Ogooué-Ivindo.
Makokou ne change donc pas seulement d’apparence. Elle cherche à changer de fonctionnement. Un marché moderne donne un nouvel espace au commerce, une route rend cet espace accessible et, ensemble, ils peuvent contribuer à créer davantage de circulation économique. La réussite du projet ne se jugera toutefois pas au jour de l’inauguration, mais dans les mois qui suivront. Si les commerçants y trouvent de meilleures conditions de travail, si les consommateurs y accèdent facilement et si les échanges avec les localités voisines se renforcent, alors le nouveau marché aura véritablement tenu sa promesse. Le 30 août pourra montrer un nouveau visage de Makokou. L’enjeu, lui, sera de faire en sorte que ce visage devienne son quotidien.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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