Gabon : Marchés de Libreville, la fin de l’opacité dans les recettes ?
Libreville, Mardi 3 Novembre 2026 (Infos Gabon) – La municipalité de Libreville veut reprendre le contrôle de la gestion financière de ses marchés. Derrière les consignes de rigueur adressées aux nouveaux responsables municipaux, un objectif se dessine clairement, mieux recouvrer les recettes, réduire les manipulations d’espèces et identifier les commerçants qui participent à l’activité économique de la capitale. Une réforme de gestion qui engage autant la transparence des finances locales que la capacité de la mairie à financer ses missions de proximité.
Le lundi 2 novembre, le maire de Libreville, Eugène M’ba, a réuni les secrétaires généraux et régisseurs récemment promus, en présence de ses deuxième et cinquième adjoints ainsi que du secrétaire général de la mairie. Cette séance de travail visait à rappeler aux nouveaux responsables les exigences liées à l’administration des différents marchés municipaux. Le message de l’édile est sans ambiguïté, les fonctions de responsabilité doivent désormais s’accompagner d’une application stricte des procédures et d’une obligation de résultats.
Au cœur des instructions figure l’utilisation systématique des terminaux de paiement électronique (TPE) pour la collecte des recettes. Le maire a notamment dénoncé les pratiques de certains agents qui continueraient à encaisser des fonds sans les enregistrer dans ces dispositifs. La digitalisation doit permettre de limiter la circulation d’espèces, de sécuriser les transactions et de rendre chaque opération vérifiable. Elle constitue aussi un moyen de réduire les risques de pertes de recettes et de mieux rapprocher les sommes collectées des montants effectivement reversés à la municipalité.
Mais l’équipement numérique ne suffira pas à lui seul. Son efficacité dépendra de son utilisation réelle, du contrôle des opérations et de la capacité de la hiérarchie à sanctionner les manquements. La transparence financière ne se décrète pas par l’installation de terminaux. Elle exige des procédures connues, appliquées et contrôlées à tous les niveaux de la chaîne de collecte.
Autre priorité annoncée, le recensement des commerçants exerçant dans les marchés municipaux. Déjà engagé dans certaines régies, ce travail doit être poursuivi avec l’appui d’agents de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). L’objectif est de faciliter l’identification et l’immatriculation des opérateurs économiques, dans le prolongement des orientations présidentielles relatives au « Fonds 4 ».
Cette opération présente un double enjeu. Pour la mairie, elle doit améliorer la connaissance de l’activité commerciale et fiabiliser l’assiette des recettes. Pour les commerçants, elle peut favoriser une meilleure reconnaissance administrative et leur accès aux dispositifs de protection sociale. Encore faudra-t-il que cette formalisation soit conduite avec pédagogie, afin qu’elle ne soit pas perçue uniquement comme une nouvelle contrainte fiscale ou administrative.
En rappelant aux responsables l’importance du manuel de procédures et de la conscience professionnelle, Eugène M’ba place la gestion des marchés au cœur de la performance municipale. L’enjeu dépasse donc la discipline interne. Des recettes mieux collectées et mieux tracées peuvent renforcer les moyens de la ville pour assurer l’entretien des marchés et améliorer les services rendus aux usagers.
La réussite de cette démarche se mesurera à des résultats vérifiables, une meilleure traçabilité, une progression des recettes et une gestion plus équitable des espaces commerciaux. À Libreville, la modernisation des marchés commence ainsi par une exigence fondamentale, faire de chaque recette publique une ressource effectivement maîtrisée par la collectivité.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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