Gabon : Quid d’un dialogue entre l’Etat et ses deux partenaires Olam et Arise ?
Libreville, Samedi 22 Juin 2024 (Infos Gabon) – Dans une déclaration rendue publique, plusieurs organisations de la société civile gabonaise ont appelé à un urgent dialogue franc, constructif et sincère entre l’Etat gabonais, Olam et GSEZ (Arise), qui sont devenues ces quinze dernières années au Gabon de véritables moteurs de la diversification et principaux porteurs d’investissements directs étrangers (IDE).
Depuis quelques jours le climat est morose et l’ambiance délétère entre l’Etat gabonais et ses deux partenaires Olam et Gsez. En effet, il leur est notamment fait un certain nombre de griefs, à savoir le non respect des dispositions légales en ce qui concerne les droits des travailleurs, le non respect des normes de protection environnementale dans les sites d’exploitation agricole et forestière.
Autant de manquements à côté d’autres, qui ne peuvent qu’écorner leur image de marque, et dit-on que les grèves déclenchées au sein desdites sociétés au lendemain du coup de libération du 30 Août 2023, n’ont été que des cris de détresse des travailleurs. La dernière sortie de la société civile s’inscrit donc dans le cadre d’une sortie de crise afin d’améliorer le climat des affaires, lutter contre le chômage et la corruption et préserver les acquis et les emplois existants.
Au moment où les autorités de la transition appellent à de nouveaux investisseurs étrangers, des voix s’élèvent ici et là leur demandant de ne pas laisser tomber leurs deux partenaires Olam et Arise (Gsez) devenus en 14 ans de véritables Mammouths de l’économie gabonaise avec plus de 35 000 emplois créés et d’importants investissements dans le pays.
Pour la société civile, l’urgence d’un dialogue entre l’Etat et ses partenaires se confirme, car l’objectif visé serait, non seulement de préserver les emplois, créer d’autres afin de lutter plus efficacement contre le chômage endémique des jeunes gabonais, mais aussi de permettre de poursuivre et de consolider la politique de diversification de l’économie gabonaise, puis encourager les autres investisseurs.
Pour l’ingénieur agronome et coordinateur des activités de l’ONG IDRC-Africa, M. Hervais Omva, s’il y a des manquements, « il faudrait chercher à savoir si ceux-ci ne relèvent-ils pas du gouvernement antérieur, mais il y a des manquements, ils relèvent des gouvernements antérieurs », a-t-il expliqué. Aussi, il estime qu’avant de faire la chasse à Olam ou Arise « l’actuel gouvernement ou le CTRI doit convoquer les différents ministres ou acteurs qui ont géré ces différents dossiers.
A quelque chose prêt dans les différents ministères, ce sont les mêmes fonctionnaires qui sont encore là, les mêmes chargés d’études qui étaient conseillers ou directeurs généraux qui sont encore là. Donc, il est important que l’on convoque ces gens là et ce d’autant que nombreux d’entre eux sont encore aux affaires qui ont été reconduits par le CTRI, et certains sont encore conseillers du Président de la Transition », a soutenu M. Hervais Omva.
Toujours selon le premier responsable de l’ONG IDRC-Africa, il est important que l’Etat gabonais s’assied avec ses partenaires, Olam et Arise pour mettre en place un cadre transparent qui permet de bénéficier encore plus de ressources et de l’expertise de son partenaire.
N’oublions pas que le Gabon souffre d’un gros problème, celui du chômage, or nous avons en face de nous, un partenaire qui est installé dans une vingtaine de pays africains, qui crée des milliers d’emplois dans plusieurs secteurs d’activités et qui est déjà installé chez nous, qui pourrait par cette bonne relation apporter encore plus au gouvernement gabonais. S’il y a des soucis aujourd’hui, je pense que c’est parce que certains ont voulu tirer leur intérêt personnel.
Toujours sur cette même lancée : « je pense que nous sommes maladroit et l’image que nous envoyons au monde en nous attaquant à Arise qui est installé partout en Afrique est mauvais pour le Gabon. Vous ne pouvez inviter des investisseurs en chassant d’autres. Lorsqu’on sait qu’Arise est installé au Nigeria, Congo Brazzaville, Cameroun, Côte d’Ivoire, etc… c’est maladroit de mettre le Chef de l’État et le CTRI, dans cette impasse . C’est un petit groupuscule de personnes comme d’habitude, qui cherche à régler les comptes à gauche et à droite, cependant, nous devons préserver l’intérêt national et à partir de là nous trouverons des solutions adaptées et durable », a t-il conclu.
Il faut rappeler que les groupes Olam et Arise comprennent : Gsez, 38,5% des parts détenus par le Gabon et 61,5% des parts relevant au partenaire Arise IIP, Port International d’Owendo 10,39% des parts du Gabon, 7, 61% pour Arise IIP et 10 % des parts (STOA) infra et énergie. Port minéralier d’Owendo 10,39 % des parts pour le Gabon, 79,61% pour Arise IIP et 10% des parts pour Meridian Fonds Français ; Aéroport international de Libreville, codétenu par le Gabon 38,5%, et Arise IS 61,6%.
Le partenariat avec le groupe olam a abouti à la création de deux sociétés : agricoles Olam palm Gabon ( palmier à huile) et Olam rubber ( hévéa culture). La République gabonaise détient 40% des parts dans chacune de ces entreprises.
FIN/INFOSGABON/SM/2024
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