Sénégal : Macky Sall relance sa course vers l’ONU
Libreville, Mardi 21 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Le Sénégal a officiellement décidé de soutenir la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Ce revirement, intervenu après plusieurs semaines d’incertitude, redonne un élan décisif à une ambition qui dépasse désormais le seul cadre sénégalais.
Au-delà d’un simple choix diplomatique, c’est toute la capacité de l’Afrique à s’unir derrière un candidat susceptible d’incarner sa voix dans la gouvernance mondiale qui est désormais en jeu.
Les candidatures aux plus hautes fonctions internationales ne reposent jamais uniquement sur le parcours d’un homme. Elles sont aussi le reflet de la cohésion politique de son pays et de la capacité d’un continent à défendre une vision commune. L’annonce faite le 20 juillet 2026 par le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères constitue donc un tournant majeur. Après avoir entretenu une certaine prudence, Dakar a officiellement décidé d’apporter son soutien à Macky Sall dans la course au secrétariat général des Nations unies.
Cette décision intervient quelques jours seulement après la rencontre entre l’ancien chef de l’État et son successeur, Bassirou Diomaye Faye, au Palais de la République. L’entretien, présenté comme constructif, a visiblement permis de dépasser les considérations politiques internes au profit des intérêts diplomatiques du Sénégal.
Le soutien de Dakar change la donne
Pour prétendre diriger l’Organisation des Nations unies, aucun candidat ne peut durablement avancer sans l’appui explicite de son propre État. Jusqu’à présent, cette absence de soutien officiel constituait l’une des principales faiblesses de la candidature de Macky Sall, alors même que celle-ci avait été présentée par le Burundi et avait déjà reçu l’appui de plusieurs États africains.
Le président Bassirou Diomaye Faye a finalement choisi d’engager officiellement le Sénégal derrière son prédécesseur. Une décision qui confère à cette candidature une légitimité politique nouvelle.
Macky Sall a immédiatement salué cette annonce en exprimant sa gratitude envers le chef de l’État sénégalais. Sur les réseaux sociaux, il a remercié Bassirou Diomaye Faye pour cette décision « qui l’honore », tout en revenant sur leur entretien du 17 juillet consacré, selon lui, aux grands enjeux du multilatéralisme contemporain.
Cette séquence montre qu’au-delà des alternances politiques, certaines ambitions internationales peuvent devenir des dossiers d’intérêt national.
L’Afrique face à une occasion historique
Le débat dépasse désormais largement les frontières sénégalaises. Depuis plusieurs années, de nombreux dirigeants africains défendent l’idée d’un rééquilibrage de la gouvernance internationale afin de mieux refléter les réalités géopolitiques du XXIᵉ siècle.
L’Afrique a déjà dirigé les Nations unies à deux reprises avec l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali entre 1992 et 1996 puis le Ghanéen Kofi Annan entre 1997 et 2006. Depuis le départ de ce dernier, aucun Africain n’a retrouvé la tête de l’organisation.
Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall s’inscrit dans une logique de retour du continent au premier plan des institutions internationales. Le soutien retrouvé de Dakar pourrait désormais influencer les États membres de l’Union africaine qui avaient jusqu’ici adopté une position prudente.
Car la véritable force d’une candidature africaine réside moins dans la personnalité du candidat que dans la capacité du continent à présenter un front uni devant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, véritables arbitres de la désignation du futur secrétaire général.
Une décision qui divise encore le Sénégal
Si l’exécutif sénégalais affiche désormais une position claire, le consensus est loin d’exister au sein de la classe politique.
Les partisans de cette décision estiment que le Sénégal doit soutenir l’un de ses anciens présidents lorsqu’il porte les couleurs du pays sur la scène internationale. Pour eux, les enjeux diplomatiques dépassent les clivages partisans.
À l’inverse, les opposants continuent de réclamer que Macky Sall réponde de sa gestion des dernières années de son mandat. Ils considèrent que la justice doit suivre son cours avant toute reconnaissance internationale.
Cette controverse confère une dimension particulière à la décision du président Bassirou Diomaye Faye. Celui qui avait lui-même été emprisonné sous la présidence de Macky Sall choisit aujourd’hui de soutenir officiellement sa candidature au nom des intérêts supérieurs de l’État.
Cette posture illustre une conception du pouvoir où les rivalités politiques peuvent être dissociées des intérêts diplomatiques nationaux.
Le soutien officiel du Sénégal ne garantit évidemment pas à Macky Sall l’accès au secrétariat général des Nations unies. La compétition reste tributaire des équilibres internationaux et des arbitrages du Conseil de sécurité. Mais une réalité s’impose désormais. En retrouvant l’appui de son propre pays, l’ancien président franchit l’obstacle politique qui pesait le plus lourd sur sa candidature.
Reste désormais à convaincre l’Union africaine de transformer ce soutien national en une véritable ambition continentale. Dans une élection où la crédibilité diplomatique se construit d’abord par le rassemblement, cette décision pourrait bien constituer le premier acte décisif d’une campagne mondiale.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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