Gabon – Tourisme : Libreville se tourne vers Rabat pour sortir de l’ombre
Libreville, Mardi 24 Février 2026 (Infos Gabon) – Longtemps perçu comme un secteur à fort potentiel mais faiblement exploité, le tourisme gabonais pourrait connaître un tournant stratégique.
Le Gabon et le Maroc s’apprêtent à formaliser un mémorandum d’entente destiné à structurer leur coopération dans ce domaine. Derrière l’annonce diplomatique, une ambition claire : transformer un atout naturel en véritable levier économique.
S’inspirer d’un modèle africain performant
La ministre marocaine du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, a récemment échangé à Rabat avec l’ambassadeur du Gabon au Maroc, Abdelaziz Branly Oupolo, autour des contours d’un futur accord bilatéral. L’objectif affiché est d’établir une feuille de route commune pour accompagner la montée en puissance du secteur touristique gabonais.
Le choix du partenaire n’est pas anodin. Le Maroc s’est imposé ces dernières années comme la première destination touristique du continent, avec près de 20 millions de visiteurs accueillis en 2025 selon les données de l’Organisation mondiale du tourisme. Cette performance repose sur une stratégie de long terme : investissements massifs, promotion internationale soutenue, montée en gamme de l’offre et professionnalisation des acteurs.
C’est ce savoir-faire que Libreville souhaite analyser et, autant que possible, adapter à son propre contexte.
Un potentiel encore sous-exploité
Le Gabon dispose pourtant d’atouts naturels indéniables : parcs nationaux couvrant une part importante du territoire, biodiversité exceptionnelle, littoral atlantique préservé et richesse culturelle. Mais ces ressources restent insuffisamment valorisées sur le plan économique.
Le secteur souffre d’infrastructures limitées, d’un déficit de formation spécialisée, d’une promotion internationale discrète et d’un environnement d’investissement encore perfectible.
Pour les autorités, la diversification économique est devenue une priorité. Dans un pays où les recettes pétrolières et minières dominent encore, le tourisme apparaît comme un gisement de croissance capable de générer des emplois, notamment pour les jeunes, et de dynamiser les territoires ruraux et côtiers.
Les contours d’un partenariat structurant
Le futur mémorandum devrait porter sur plusieurs axes : formation des cadres et des professionnels, gestion des destinations, standardisation des services hôteliers, marketing territorial et renforcement des capacités institutionnelles.
Au-delà du transfert d’expertise, l’enjeu pour le Gabon sera de bâtir une stratégie cohérente et stable, capable d’attirer des investisseurs privés et de rassurer les opérateurs internationaux.
Car l’expérience montre que les politiques touristiques réussissent lorsqu’elles s’inscrivent dans la durée, avec des règles claires, des infrastructures adaptées et une gouvernance efficace.
Entre ambition politique et défi d’exécution
Le rapprochement avec Rabat s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation économique impulsée par les autorités gabonaises : industrialisation, valorisation locale des ressources, digitalisation des services publics.
Mais le tourisme ne se décrète pas. Il se construit à travers des investissements concrets, une amélioration continue de la qualité de l’offre et une stratégie de visibilité internationale.
Si la coopération avec le Maroc se traduit par des réformes effectives et des projets structurants, le Gabon pourrait progressivement sortir de sa position marginale dans les statistiques touristiques africaines.
À défaut, le mémorandum risque de rejoindre la longue liste des intentions non concrétisées. Entre potentiel naturel et ambition politique, le pari est désormais posé : faire du tourisme non plus une promesse, mais un pilier durable de l’économie nationale.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
Copyright Infos Gabon

















