Economie

« J’ai du mal à rentabiliser », Fred Bongo, Transporteur suburbain

Libreville, Samedi 28 Septembre 2019 (Infos Gabon) – Le transport suburbain (clando) qui est également une activité génératrice de revenus est un secteur par excellence où il n’est plus rare de croiser plusieurs jeunes gabonais. Et parmi eux, Fred Bongo qui nous a accordé interview pour nous faire part de son quotidien.

Infos Gabon : D’où vous est venue l’idée de vous lancer dans le transport suburbain (clando) ?

Fred Bongo : Après m’être lancé à la recherche sans suite d’une activité, au terme de ma formation en coupe et couture, il y a de cela bien longtemps, j’ai décidé de me lancer dans cette activité. Vu que j’avais déjà un permis de conduire, je me suis dit autant faire comme les autres, compte tenu du fait que cette activité est également une source génératrice de revenus.

Infos Gabon : Cela fait combien de temps que vous l’exercez, et qu’est-ce qui explique cette longévité ?

Fred Bongo : Je suis dans le transport suburbain depuis 2013, on peut dire six (6) ans jour pour jour que je fais de cela, mon activité principale. 

Cette longévité comme vous le dites, c’est simplement dû au phénomène du chômage qui prend vraiment des proportions inquiétantes dans notre pays. Mais avant d’en arriver là, j’ai initié des projets qui n’ont malheureusement pas vu le jour, pour diverses raisons. Je me suis investi dans le transport suburbain, et depuis lors j’y suis. C’est également cette dernière qui me permet d’être autonome.

Infos Gabon : Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Fred Bongo : La première difficulté que je relève, c’est la hausse crescendo du prix du carburant à la pompe, avec toutes les conséquences que vous connaissez. Il y a l’augmentation sans cesse des transporteurs dans cette activité. La raison que je puis donner à cela, c’est le chômage.

Je comprends que chacun cherche une bouée de sauvetage, sauf que nous avons du mal à faire de recettes. On se retrouve avec beaucoup de véhicules sur le site, pour une faible clientèle. On ne peut ne pas relever le phénomène des contrôles intempestifs des gendarmes et policiers. C’est encore un autre manque à gagner pour nous. Vous comprenez que tout cela mis ensemble, avec le piteux état de la route en ligne de mire, ce n’est vraiment pas une sinécure.

Infos Gabon : Au regard de tout cela, quelles sont vos ambitions et arrivez-vous à vous prendre en charge ?

Fred Bongo : Les ambitions, il y en a toujours. Ce que je voudrais, ce serait de me retrouver à la tête d’une chaîne de véhicules de transport urbain, histoire de sortir du cadre suburbain. L’intérêt de cela, ce serait d’accroître mon chiffre d’affaires, créer des emplois, mais aussi être à la tête d’une structure.

Dire que j’arrive à me prendre en charge au sens propre du terme, je dirais non. Au regard de tout ce que je viens de vous étaler en termes de difficultés, je dirais qu’on s’en sort en sauvant le minimum. C’est-à-dire le loyer, l’alimentation et bien d’autres.

Développer une épargne qui est essentiel pour faire face aux imprévus, relève de l’impossible. Je suis à mon propre compte, mais je conduis un véhicule qui a fait son temps. Pour cela, j’ai du mal à rentabiliser, mais on fait avec les moyens du bord.

Infos Gabon : Votre mot de fin

Fred Bongo : Je voudrais vous remercier pour l’occasion que vous m’offrez de m’exprimer sur la question. Par la suite, je voudrais simplement dire aux jeunes que hier j’étais comme vous, à la charge des parents.

Aujourd’hui, c’est tout autre chose parce que la quête d’un lendemain meilleur impose une certaine rigueur. Il faut se battre, l’idéal serait de se mettre à son propre compte. Il y a des activités qui ne demandent pas grand-chose pour commencer, et pour vous prendre en main.

FIN/INFOSGABON/LK/2019

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