Economie

Le Gabon au front de la sécurité alimentaire

Libreville, Lundi 03 Août 2026 (Infos Gabon) – Libreville devient, du 4 au 7 août 2026, l’un des points de convergence de la gouvernance agricole africaine. À travers l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural accueille l’atelier régional Afrique de la Convention internationale pour la protection des végétaux, coorganisé avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Derrière cette rencontre technique se joue une question devenue hautement stratégique pour le continent. Comment protéger les cultures, sécuriser les échanges agricoles et préserver la capacité des États africains à nourrir durablement leurs populations dans un contexte de dérèglement climatique et de multiplication des organismes nuisibles.

La présence à Libreville des responsables des Organisations nationales de protection des végétaux d’une quarantaine de pays donne à cette réunion une portée qui dépasse largement le cadre administratif. Elle place le Gabon au cœur des discussions consacrées aux futures règles qui encadreront la circulation des produits agricoles et la protection des ressources végétales.

Des normes qui protègent bien plus que les cultures

Les délégations réunies à Libreville examineront les projets de normes internationales pour les mesures phytosanitaires. Leur objectif sera également d’harmoniser les positions africaines et de contribuer à la préparation des futures normes internationales. Cette mécanique peut sembler spécialisée. Elle touche pourtant directement à la sécurité alimentaire, au commerce et à la souveraineté économique des États.

La multiplication des échanges commerciaux accroît en effet les risques de propagation d’organismes nuisibles susceptibles d’affecter les productions agricoles. À cette pression s’ajoutent les changements climatiques, qui modifient les équilibres écologiques et peuvent favoriser l’apparition ou l’expansion de certaines menaces phytosanitaires.

La santé des végétaux devient ainsi un enjeu transversal. Elle conditionne la productivité agricole, la préservation de la biodiversité et la capacité des pays à participer à un commerce agricole sûr et conforme aux standards internationaux. Autrement dit, protéger les plantes revient aussi à protéger les chaînes de production, les revenus agricoles et, à terme, l’accès des populations à l’alimentation.

Pour l’Afrique, l’enjeu est d’autant plus sensible que la sécurité alimentaire ne peut plus être dissociée de la maîtrise des risques sanitaires et phytosanitaires. Une production abondante mais vulnérable aux ravageurs, aux maladies ou aux restrictions commerciales demeure une production fragile.

Libreville, laboratoire d’une coopération africaine

La tenue simultanée d’une session du Conseil phytosanitaire interafricain de l’Union africaine renforce la dimension continentale de l’événement. Elle permet aux acteurs africains de rapprocher leurs positions et de participer plus activement à la construction des règles internationales qui régiront demain les échanges agricoles.

Pour le Gabon, l’accueil de ces travaux constitue donc une occasion de réaffirmer son engagement en faveur de la sécurité phytosanitaire et de la sécurité alimentaire. Mais il offre également une visibilité nouvelle à l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire, appelée à jouer un rôle dans un environnement où la conformité aux standards internationaux devient une condition essentielle de la compétitivité agricole.

Le choix de Libreville comme ville hôte intervient par ailleurs dans une période où les États cherchent à renforcer leurs capacités de production et à sécuriser leurs approvisionnements. La coopération phytosanitaire prend alors une dimension stratégique. Elle permet de mutualiser l’expertise, de partager les informations et de rapprocher les dispositifs nationaux face à des menaces qui, elles, ignorent les frontières.

Cette logique est fondamentale. Aucun pays ne peut traiter isolément les risques liés à la circulation des organismes nuisibles lorsque les échanges de marchandises, les chaînes logistiques et les marchés agricoles sont devenus profondément interconnectés.

De la protection des végétaux à la souveraineté

La présence à Libreville de délégations venues d’une quarantaine de pays traduit finalement une évolution de la conception de la sécurité alimentaire. Celle-ci ne repose plus uniquement sur la capacité à produire davantage. Elle dépend aussi de la capacité à protéger ce qui est produit, à garantir la qualité des échanges et à anticiper les menaces qui peuvent déstabiliser les filières.

La visite programmée de la Zone industrielle de Nkok par les délégations étrangères ajoutera une dimension économique à cette séquence. Elle permettra d’illustrer, sur le terrain, l’environnement industriel et commercial du Gabon et d’élargir les échanges au-delà des seules questions phytosanitaires.

Le rendez-vous de Libreville doit donc être regardé comme un événement de coopération technique, mais aussi comme un signal politique. En accueillant les représentants d’une quarantaine de pays autour des normes internationales pour les mesures phytosanitaires, le Gabon entend inscrire son action dans une architecture africaine de prévention, de sécurisation des échanges et de développement agricole durable.

Dans un monde où le climat, le commerce et l’alimentation sont désormais étroitement liés, la protection des végétaux n’est plus une question secondaire réservée aux spécialistes. Elle devient une composante de la souveraineté des États. En plaçant Libreville au centre de cette concertation africaine, le Gabon se positionne sur un terrain où se joue une partie essentielle de l’avenir du continent. Protéger les cultures aujourd’hui, c’est aussi protéger la sécurité alimentaire, la biodiversité et la capacité de l’Afrique à maîtriser demain son propre développement.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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