Ports africains : à Libreville, les femmes placent l’intelligence artificielle au cœur de la révolution maritime
Libreville, Vendredi 24 Juillet 2026 (Infos Gabon) – La transformation des ports africains ne se jouera plus uniquement sur les quais, les infrastructures ou les investissements. Elle se construira aussi autour de l’intelligence artificielle, de l’innovation et de la montée en puissance des compétences humaines.
C’est le message fort qui ressort de la 19ᵉ réunion annuelle du Réseau des femmes professionnelles maritimes et portuaires de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, organisée à Libreville. Au terme de plusieurs jours de travaux, les participantes ont posé mercredi les bases d’une vision ambitieuse où la modernisation des plateformes portuaires s’appuie autant sur les nouvelles technologies que sur une meilleure représentation des femmes dans les centres de décision.
Bien plus qu’un simple rendez-vous professionnel, cette rencontre marque une étape importante dans l’évolution d’un secteur considéré comme stratégique pour la compétitivité économique de l’Afrique. À l’heure où le commerce mondial connaît de profondes mutations, les ports africains sont appelés à gagner en efficacité, en résilience et en durabilité. L’intelligence artificielle apparaît désormais comme un outil incontournable pour accompagner cette évolution.
L’intelligence artificielle comme moteur de compétitivité
En clôturant les assises, le directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon, Martin Boguikouma, a insisté sur la portée stratégique des décisions prises à Libreville. Selon lui, l’intelligence artificielle représente une opportunité majeure pour moderniser durablement les infrastructures portuaires, améliorer les performances opérationnelles et préparer les métiers de demain.
Martin Boguikouma a également souligné que cette technologie, lorsqu’elle est maîtrisée, constitue un puissant levier d’optimisation énergétique, de réduction de l’empreinte carbone et de préservation de l’environnement marin. Une vision qui s’inscrit dans les nouvelles exigences internationales, où la performance économique doit désormais être conciliée avec les impératifs climatiques.
Cette orientation traduit une évolution profonde des politiques portuaires africaines. Les ports ne sont plus uniquement des plateformes logistiques. Ils deviennent progressivement des espaces intelligents capables d’intégrer l’automatisation, l’analyse des données, la cybersécurité et la gestion prédictive des opérations.
Les femmes au cœur de la mutation du secteur
Autre enseignement majeur de cette rencontre, la volonté affirmée de renforcer la place des femmes dans la gouvernance maritime et portuaire.
La présidente du Réseau des femmes professionnelles maritimes et portuaires de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Magali Line Victoire Thaddees, a salué l’engagement des autorités gabonaises, des partenaires institutionnels ainsi que la forte mobilisation des participantes qui a contribué au succès de cette édition.
Elle a surtout lancé un appel à une implication accrue des femmes dans les processus d’innovation et de transformation du secteur. Pour la responsable du réseau, l’avenir des ports africains ne pourra se construire sans une participation plus importante des femmes aux décisions stratégiques, aux nouvelles technologies et aux métiers émergents.
Au-delà de la question de la représentativité, cette démarche traduit une volonté d’élargir le vivier de compétences disponibles pour accompagner les profondes mutations de l’économie maritime africaine.
Libreville confirme son ambition régionale
Tout au long des travaux, les échanges ont porté sur plusieurs enjeux structurants. Les participantes ont analysé les opportunités offertes par l’intelligence artificielle dans les activités portuaires, les défis liés au développement durable, les mécanismes d’autonomisation économique des femmes ainsi que le renforcement de la coopération entre les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.
Ces discussions interviennent dans un contexte où les corridors logistiques africains cherchent à améliorer leur compétitivité face aux grandes plateformes internationales. La digitalisation des procédures, la réduction des coûts logistiques, l’amélioration de la fluidité des échanges commerciaux et la transition écologique figurent désormais parmi les priorités des autorités portuaires.
En accueillant cette 19ᵉ réunion annuelle, le Gabon confirme sa volonté de participer activement à cette dynamique régionale et d’accompagner les transformations qui redessinent progressivement l’économie maritime du continent.
Une nouvelle génération de leadership maritime
La clôture du séminaire du RFPMP-AOC dépasse ainsi le cadre d’une simple rencontre professionnelle. Elle révèle une évolution de fond dans la manière dont les acteurs africains envisagent désormais le développement de leurs ports. L’innovation technologique, la transition écologique et le leadership féminin apparaissent comme trois piliers complémentaires d’une même stratégie de modernisation.
À Libreville, le message adressé à l’ensemble du continent est sans ambiguïté. Les ports africains ne pourront pleinement tirer parti des opportunités offertes par la révolution numérique qu’en investissant simultanément dans les technologies de rupture, dans le capital humain et dans une gouvernance plus inclusive. C’est précisément cette convergence qui pourrait permettre à l’Afrique de transformer ses infrastructures portuaires en véritables moteurs de compétitivité, d’intégration régionale et de croissance durable.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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