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Soudan : L’armée aux commandes

Libreville, Jeudi 11 Avril 2019 (Infos Gabon) – Un Conseil militaire de transition a pris le contrôle du pays après la chute ce jeudi d’Hassan Omar El-Béchir gardé dans un lieu tenu secret.

Le Soudan est dirigé depuis ce jeudi par un Conseil militaire de transition. L’armée ayant décidé de tourner la page Hassan Omar El-Béchir arrivé au pouvoir en 1989 à la faveur d’un coup d’Etat militaire.

Dans une déclaration en direct à la télévision d’Etat, le premier vice-président du Soudan et ministre de la Défense a confirmé cette destitution. «J’annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef», a déclaré le général Awad Mohamed Ahmed Ibn Auf.

Dans la foulée, l’officier supérieur va annoncer une série de mesures. A l’instar de la mise en place d’un Conseil de transition militaire qui va conduire le pays durant les deux prochaines années, l’état d’urgence qui sera en vigueur durant les trois prochains mois, la fermeture des frontières et un couvre-feu dès 22 h.

Le nouvel homme fort de Khartoum va aussi signaler l’arrestation de plusieurs dignitaires de l’ancien régime et la libération des prisonniers politiques. On peut aussi voir des images relayées sur les réseaux montrant Hassan Ismaïl, porte-parole du gouvernement, pris à partie par des manifestants, alors qu’il tentait de se sauver.

Assigné à résidence surveillée depuis mercredi, l’ex-président soudanais espérait se tirer d’affaire. Hier, le Congrès national (NCP), sa formation politique, avait appelé l’ensemble de ses membres à manifester ce jeudi dans la capitale en soutien à leur champion.

Tout comme le président déchu avait aussi initié des négociations avec l’armée pour une sortie de crise. Malheureusement pour lui. Car, acculée par la rue la grande muette finira par prendre fait et cause pour la population.

A travers le pays, la chute d’Hassan Omar El-Bechir a été célébrée dans la joie. L’effondrement du système Bechir marque ainsi la fin d’une vague de manifestations lancée le 19 décembre 2018, suite à une hausse vertigineuse du prix du pain dans le pays. De sources officielles, ces manifestations auraient fait 49 morts.

A 75 ans, l’ex-président soudanais est sous le coup de deux mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Il est accusé de crimes de guerre émis le 4 mars 2009 et de crimes contre l’humanité émis le 12 juillet 2010, suite aux violences survenues dans la région du Darfour.

FIN/INFOSGABON/PM/2019

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