Economie

TFH au Gabon : Pourquoi la SEEG a été choisie comme collecteur et qui échappera à la taxe ?

Libreville, Mardi 9 Décembre 2025 ‌(Infos Gabon) – Alors que la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH) continue de susciter des débats nourris au sein de l’opinion, le gouvernement gabonais précise peu à peu les mécanismes de son application.

Entre le choix stratégique de la SEEG pour en assurer la collecte et la liste des catégories exonérées, les contours de cette nouvelle contribution se dessinent désormais plus clairement.

La SEEG, un collecteur « universel » pour une taxe difficile à déployer

Le recours à la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) n’est pas le fruit du hasard. Selon les autorités, la facture d’électricité constitue aujourd’hui le seul outil réellement universel permettant d’atteindre l’ensemble des ménages, y compris ceux relevant du secteur informel et des zones faiblement structurées.

En s’appuyant sur un réseau déjà opérationnel, connecté à plus de 300 000 foyers, l’État contourne ainsi les lacunes du cadastre, l’absence de registre d’adresses fiables et l’impossibilité de mener un recensement exhaustif basé sur les modèles classiques.

Un autre argument pèse lourd dans ce choix : la transparence. Le gouvernement assure que la TFH bénéficiera d’un mécanisme de ventilation automatique, répartissant les recettes entre : les municipalités, pour financer les services de proximité (salubrité, voirie locale, collecte des déchets) ; l’État, pour soutenir les investissements structurants (drainage, routes, logements sociaux, infrastructures urbaines).

Un dispositif présenté comme une garantie contre les risques de détournement, souvent dénoncés dans la gestion des prélèvements urbains.

Zones rurales et compteurs sociaux : premières exonérations confirmées

La première phase d’application de la TFH exclura entièrement les zones rurales, où l’accès à l’électricité reste limité et où les capacités contributives sont plus faibles. Autre cas : les ménages équipés de compteurs sociaux de faible puissance, essentiellement installés dans les foyers à revenus modestes.

Une mesure destinée à préserver les populations vulnérables d’un effort fiscal supplémentaire, conformément au « principe d’équité sociale » mis en avant par le ministère de l’Économie.

Le gouvernement dévoile la liste complète des exonérations

Selon les précisions transmises par le ministère et intégrées à la prochaine loi de finances, plusieurs catégories de locaux et de personnes seront totalement exclues du paiement de la TFH.

Sont exemptés : Les logements destinés aux élèves dans les écoles, pensionnats et campus universitaires ; Les locaux utilisés exclusivement pour la célébration des cultes religieux reconnus par l’État ; Les titulaires de compteurs sociaux ; Les établissements publics ; Les ambassadeurs et diplomates étrangers pour leur résidence officielle, à condition de réciprocité, c’est-à-dire que leur pays accorde les mêmes avantages aux diplomates gabonais.

Les fonctionnaires logés par l’État, eux, devront payer

L’un des points les plus marquants du texte concerne les agents publics. Contrairement à ce que certains supposaient, les fonctionnaires, ainsi que les employés civils et militaires logés par l’État ou par une collectivité publique, demeurent redevables de la TFH.

« La taxe forfaitaire d’habitation est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables », précise le document officiel.

Cela signifie que dès lors qu’un individu occupe un logement, qu’il soit propriétaire, locataire ou bénéficiaire d’un logement de fonction, il est considéré comme contribuable.

Une réforme qui continue d’alimenter le débat public

Bien que les mécanismes se précisent, la TFH reste au cœur des préoccupations citoyennes. Questions de pouvoir d’achat, réforme fiscale en profondeur, efficacité des municipalités, amélioration réelle du cadre de vie, autant de sujets qui continueront d’animer le débat dans les semaines à venir.

Pour le gouvernement, cependant, la ligne est claire : « moderniser, financer et assainir les villes, tout en distribuant équitablement la charge fiscale ». Reste à savoir si ce pari sera accepté, et compris par l’ensemble des Gabonais.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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