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CAN : Le verdict qui engage le football africain

Libreville, Mardi 20 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Tribunal arbitral du sport (TAS) rendra sa sentence à la fin de novembre 2026 dans le litige opposant le Sénégal au Maroc autour du titre continental. Annoncée le 19 octobre, cette échéance prolonge un contentieux né d’une finale remportée sur le terrain par les Sénégalais, avant que la Confédération africaine de football (CAF) ne leur retire le titre au profit des Marocains. Au-delà du trophée, cette affaire met à l’épreuve l’autorité des règlements, la cohérence des instances sportives et la confiance du public dans la gouvernance du football africain.

Lausanne, dernier acte d’une bataille juridique

Après l’audience à huis clos du 8 octobre à Lausanne, en Suisse, la formation arbitrale du TAS poursuit ses délibérations. L’instance a annoncé qu’elle rendrait une décision complète, accompagnée de ses motifs juridiques. Cette sentence, attendue fin novembre, devra répondre aux arguments des parties et préciser le fondement de la décision finale. Aucune date exacte n’a encore été communiquée.

Le tribunal a également rappelé que seules les informations publiées par ses canaux officiels font foi. Cette mise au point souligne l’importance d’une communication rigoureuse dans une affaire qui suscite de fortes réactions au Sénégal comme au Maroc.

Rappelons que la Fédération sénégalaise de football (FSF) a saisi le TAS pour contester la décision de la CAF et demander son annulation, ainsi que la reconnaissance du Sénégal comme vainqueur de la compétition. La procédure oppose ainsi la fédération sénégalaise à la CAF et à la Fédération royale marocaine de football (FRMF). L’enjeu est désormais de déterminer si la sanction prononcée par l’instance continentale résiste à l’examen de la juridiction arbitrale.

D’un succès sportif à une victoire sur tapis vert

Le 18 janvier 2026, à Rabat, le Sénégal avait remporté la finale 1-0 après prolongation. La rencontre avait basculé dans la controverse dans les dernières minutes du temps réglementaire, lorsqu’un penalty accordé au Maroc avait provoqué une vive protestation du camp sénégalais. Des joueurs avaient quitté la pelouse avant de revenir après une interruption d’environ quinze minutes. Le Marocain Brahim Diaz avait ensuite manqué sa tentative, puis le Sénégal avait inscrit le but décisif en prolongation.

Le 17 mars, le Jury d’appel de la CAF a renversé l’issue officielle de la rencontre. Estimant que le comportement de la sélection sénégalaise contrevenait au règlement de la compétition, il a déclaré le Sénégal forfait et homologué une victoire marocaine sur le score de 3-0. Cette décision a transformé le résultat sportif en un différend réglementaire majeur.

Le dossier oppose désormais deux principes essentiels du sport : le respect des règles qui encadrent la compétition et la nécessité d’appliquer les sanctions selon une interprétation juridiquement fondée. La question n’est donc pas seulement de savoir qui conservera le trophée, mais aussi de déterminer comment les règlements doivent être appliqués lorsque les incidents de jeu et les décisions disciplinaires bouleversent le résultat d’une finale.

Un test pour la crédibilité du football africain

La sentence du TAS sera scrutée bien au-delà des deux pays. Pour les fédérations, les joueurs et les supporters, elle devra apporter une clarification juridique à une affaire qui a profondément divisé les opinions. Elle ne pourra toutefois effacer, à elle seule, les tensions suscitées par les événements de Rabat.

La portée de cette décision dépendra aussi de la manière dont les instances concernées l’expliqueront et l’appliqueront. Une gouvernance sportive crédible exige des règles accessibles, des procédures transparentes et des décisions motivées, indépendamment de la notoriété des équipes ou de l’ampleur des passions nationales.

Fin novembre, le TAS ne rendra pas seulement une sentence sur une finale. Il contribuera à fixer les limites entre résultat sportif, responsabilité disciplinaire et autorité réglementaire. Quelle que soit son issue, cette affaire rappelle que la légitimité du football africain ne repose ni sur les seules performances des équipes ni sur l’autorité des institutions, mais sur la confiance que celles-ci parviennent à inspirer. Le trophée trouvera un détenteur définitif ; la crédibilité, elle, devra se gagner par la cohérence du droit et l’égalité de son application.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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