Gabon : EEG, Clément Obame Mezui au centre de la transition
Libreville, Mercredi 30 Septembre 2026 (Infos Gabon) – La crise qui traverse l’Église évangélique du Gabon aborde désormais le moment le plus sensible de sa sortie de crise. Après la constitution du Comité des Sages, la prochaine étape consiste à installer une administration provisoire capable d’assurer les affaires courantes et de préparer un nouveau processus électoral. Dans ce contexte, le nom du révérend Clément Obame Mezui revient avec insistance dans les discussions internes à l’institution.
Cette perspective n’est pas encore une décision officielle. Elle fait l’objet d’une proposition portée par un doyen de la Région synodale du Ntem et relayée dans les milieux de l’EEG. Elle s’appuie toutefois sur une réalité institutionnelle désormais établie. Clément Obame Mezui figure parmi les quatre anciens présidents réunis au sein du Comité des Sages, chargé d’accompagner la transition vers de nouvelles élections.
Le débat porte donc moins sur la seule personne appelée à coordonner la future administration que sur la méthode à adopter pour éviter qu’une nouvelle structure ne devienne elle-même une source de contestation.
L’une des craintes exprimées par le doyen du Ntem est celle d’une architecture à deux centres de pouvoir. Selon lui, placer l’administration provisoire en dehors du Comité des Sages pourrait créer deux légitimités concurrentes et reproduire les divisions qui ont déjà fragilisé l’EEG par le passé. Sa proposition est claire, désigner l’administration provisoire au sein même du Comité et privilégier des critères d’ancienneté, d’expérience dans la gouvernance, de neutralité et d’acceptabilité par les quatre régions synodales.
C’est dans ce cadre que le nom de Clément Obame Mezui est avancé. Le choix est notamment justifié par le principe de rotation entre les régions synodales. Selon cette lecture, le passage du témoin devrait revenir au Woleu-Ntem. Mais au-delà de cette considération, ses partisans mettent en avant son expérience à la tête de l’EEG et son positionnement actuel au sein du Comité des Sages.
Une figure placée au cœur de la médiation
L’ancien président n’est pas un acteur extérieur à la transition. Il est aujourd’hui l’un des membres du Comité des Sages constitué pour contribuer à la pacification de l’Église. Lors d’une rencontre tenue le 28 septembre à Baraka Mission avec les conseils presbytéraux et les pasteurs du Grand Libreville, il s’est exprimé comme porte-parole du Comité en réaffirmant sa volonté de rester au-dessus des clivages.
Cette posture de neutralité constitue précisément l’un des arguments avancés par ceux qui souhaitent le voir jouer un rôle plus important dans la phase provisoire. Elle devra toutefois être appréciée par l’ensemble des composantes de l’EEG, car la réussite d’une transition dépendra moins du seul profil de son coordinateur que de l’acceptation collective du dispositif.
Le Comité des Sages lui-même repose sur cette recherche d’équilibre. Il rassemble quatre anciens présidents de l’EEG, assistés de représentants des différentes régions synodales et de facilitateurs extérieurs. Son mandat consiste à contribuer à l’apaisement et à préparer les conditions de nouvelles élections.
Dans une institution marquée par une crise électorale récente, cette architecture vise à restaurer suffisamment de confiance pour permettre un retour aux mécanismes ordinaires de gouvernance.
La question décisive reste celle du consensus
L’enjeu dépasse donc la désignation d’un nom. Il s’agit de déterminer si l’administration provisoire sera perçue comme une structure de rassemblement ou comme le prolongement d’un camp.
Le choix de Clément Obame Mezui, s’il venait à être retenu, devrait ainsi répondre à plusieurs exigences simultanées. Il lui faudrait être compatible avec les textes de l’Église, accepté par les différentes régions synodales, suffisamment indépendant des protagonistes du conflit et capable de conduire l’institution jusqu’au prochain Synode national sans créer une nouvelle compétition de légitimité.
C’est toute la difficulté de la période qui s’ouvre. Le Comité des Sages doit désormais transformer son rôle de médiation en mécanisme institutionnel opérationnel. Le ministère chargé des Cultes a, de son côté, demandé que soient favorisées l’apaisement et la préparation de nouvelles élections.
Dans ce contexte, le nom de Clément Obame Mezui apparaît comme l’une des hypothèses actuellement discutées, mais la décision devra encore être formalisée par l’instance compétente. La priorité, pour l’EEG, sera surtout de faire de cette transition un moment de reconstruction de la confiance.
Après une crise qui a profondément éprouvé son fonctionnement, l’Église évangélique du Gabon ne peut se permettre une nouvelle direction contestée dès son installation. Le prochain choix devra donc être moins celui d’un homme que celui d’une méthode. Si Clément Obame Mezui devait être appelé à conduire la transition, sa principale mission serait précisément de faire en sorte que son mandat conduise à une nouvelle gouvernance reconnue par tous, plutôt qu’à un nouveau centre de confrontation.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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