Gabon : Le quitus de campagne qui divise les politiques
Libreville, Mercredi 30 Juillet 2025 (Infos Gabon) – L’obligation de fournir un quitus pour candidater aux élections législatives et locales suscite des réactions contrastées, entre légalité et accusations de manipulation politique.
Le ministère gabonais de l’Intérieur a annoncé mardi que les candidats aux prochaines élections législatives, départementales et municipales devront présenter un quitus délivré par la Cour des comptes, attestant de la conformité des comptes de campagnes précédents. Selon le communiqué officiel, ce document est nécessaire pour prouver l’éligibilité des postulants ayant été candidats lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Seuls ceux qui ont déjà été soumis à cette procédure seraient concernés, conformément à la loi électorale en vigueur.
Ce dispositif, selon le ministre de l’Intérieur, Hemann Immongault, vise à renforcer la transparence et à garantir que les candidats respectent leurs obligations financières antérieures. Il précise en outre que les personnes n’ayant jamais été candidates ne sont pas soumises à cette exigence, ce qui limite la portée de cette mesure. Cependant, cette clarification n’a pas calmé les opposants.
L’ancien Premier ministre et candidat à la dernière élection présidentielle, Alain-Claude Bilie By Nze, a vivement réagi, dénonçant une tentative de manipulation politique. Sur les réseaux sociaux, il accuse le gouvernement de vouloir disqualifier certains candidats par des moyens administratifs plutôt que par le suffrage populaire, remettant en question la légalité de cette démarche. Il estime qu’aucune décision définitive de justice n’a été prise et que la précipitation du ministère constitue une violation du principe d’impartialité des institutions.
Il dénonce également une instrumentalisation des lois pour servir des intérêts politiques, soulignant que le respect des institutions doit primer sur des manoeuvres qui fragilisent la démocratie. En insistant sur la nécessité d’établir des institutions crédibles et impartiales, il appelle à préserver la légalité et la transparence dans le processus électoral.
Rappelons qu’Alain-Claude Bilie By Nze a refusé de soumettre ses comptes de campagne à la Cour des comptes, arguant qu’il n’a reçu aucun financement public lors de la dernière présidentielle, et qu’il n’a pas à justifier des fonds privés utilisés. Et pourtant, tous les 8 candidats à la présidentielle avaient jusqu’au 25 juin dernier pour déposer leurs comptes de campagne à la Cour des Comptes, en vertu des dispositions de l’article 369 de la loi organique portant Code électoral en République gabonaise.
Logique dans sa démarche, l’ancien Premier ministre qui ne s’est pas conformé à cette règle, dénonce aujourd’hui les critères de sélection évoqués par le ministre de l’Intérieur qu’il a ouvertement attaqué. Du coup, entre légalité et accusations de manipulation politique autour de ce quitus, il n’y a que la Cour constitutionnelle qui peut trancher.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
Copyright Infos Gabon
















