Gabon : Libreville veut retrouver sa canopée
Libreville, Mardi 3 Novembre 2026 (Infos Gabon) – Face à l’urbanisation croissante et à la pression sur les espaces naturels, Libreville entend faire du végétal un élément central de sa transformation. La municipalité a engagé une concertation avec les professionnels de l’horticulture et les acteurs de l’environnement afin de renforcer sa politique de verdissement. L’ambition est de dépasser les opérations ponctuelles de fleurissement pour construire une stratégie durable d’aménagement, d’entretien et de valorisation des espaces verts de la capitale gabonaise.
Réunis le lundi 2 novembre 2026 à l’Hôtel de Ville, dans la salle du Conseil municipal Jean-Félix Lassy, des fleuristes du Domaine communal, des représentants de la Direction générale de l’Environnement et des opérateurs du secteur horticole ont été invités à réfléchir aux modalités de cette collaboration. Organisée sur instruction du maire Eugène M’ba, la rencontre était conduite par le troisième adjoint au maire, Issa Malam Salatou, chargé de l’Environnement.
L’enjeu est autant environnemental qu’urbain. Dans une capitale confrontée à l’extension de ses quartiers, à la densification de son bâti et aux besoins croissants en infrastructures, les espaces verts ne peuvent plus être considérés comme de simples éléments décoratifs. Ils contribuent à la qualité du cadre de vie, à la préservation de la biodiversité, à la régulation de la chaleur et à l’équilibre des paysages urbains. Leur présence et leur entretien participent directement à l’attractivité d’une ville.
La contribution d’Angélique Amir, responsable de la pépinière de la Mangue, placée sous l’autorité de l’Agence nationale des parcs nationaux, et attachée de recherche à l’Institut de recherche en écologie tropicale, a notamment porté sur le respect des normes environnementales, la qualité des prestations horticoles et la valorisation des espèces végétales locales. Une orientation importante pour une ville située au cœur d’un pays dont le patrimoine forestier constitue l’un des principaux atouts écologiques.
Le recours aux espèces adaptées au milieu local peut en effet favoriser une végétation mieux intégrée aux conditions climatiques et contribuer à préserver la diversité végétale. Mais cette ambition suppose aussi une sélection rigoureuse des plants, des compétences techniques, un suivi régulier et des moyens consacrés à l’entretien. Planter ne suffit pas. Encore faut-il garantir la survie des végétaux et leur développement dans la durée.
Les entreprises présentes ont salué la démarche et exprimé leur disponibilité à accompagner la municipalité. Cette mobilisation du secteur horticole peut ouvrir la voie à une meilleure structuration des prestations et à une collaboration plus étroite entre pouvoirs publics, chercheurs et professionnels.
En évoquant l’objectif d’une Libreville « ville-forêt », la mairie affiche une ambition qui devra désormais se traduire dans l’espace public. Le défi sera de multiplier les lieux végétalisés, de protéger ceux qui existent déjà, mais aussi d’intégrer systématiquement la nature aux projets d’aménagement. La crédibilité de cette politique se jugera moins aux intentions annoncées qu’à la continuité des actions, à la qualité des réalisations et à leur répartition dans les différents quartiers. Une capitale durable ne se contente pas de planter des arbres. Elle organise son développement pour leur laisser une place.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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