Société

Gabon : Véritable émoi dans l’actualité de la semaine écoulée

Libreville, 14 Janvier 2013 (Infos Gabon) – Véritable émoi dans l’actualité gabonaise de la semaine écoulée avec coup sur coup deux morts d’hommes des suites de coups portés par leurs proches. Le quotidien national L’Union du samedi 12 janvier dernier désigne ces deux faits divers comme étant des  « meurtres », que le code pénal définit comme « l’homicide causé volontairement » ; or dans ces deux affaires, les faits et circonstances à l’origine des décès n’amènent pas à constater la part des présumés auteurs, « la volonté de causer l’homicide ou la mort » ; mais il s’agirait plutôt de « coups mortels ».

Le premier cas peut être intitulé : coups mortels de l’amant sur sa compagne enceinte !

Selon le récit fait par « l’Union », une jeune gabonaise, Falonne Nongo, la vingtaine révolue et enceinte, aura succombée aux coups administrés par son amant de nationalité camerounaise, le nommé Sidoine Fogang Tsassé.

Il ressortirait des témoignages que l’amant aurait piqué une verte colère lorsque son amie qu’il héberge depuis un an lui aurait annoncé qu’elle était enceinte de lui ; pour la simple raison qu’il ne reconnaissait pas être l’auteur de la grossesse.

Il ira jusqu’à déclarer à sa concubine que « tu  verras ce que je vais te faire si tu t’entêtes à vivre à mes cotés avec ta grossesse » ; certes, il y a là préméditation, et même menace, mais pas expressément de mort ; mais par contre, il y a assurément préméditation de la violence qui suivra dans la nuit du 1er au 2 janvier, puis dans la nuit du 6 au 7 janvier ; le jeune homme n’hésitant pas à battre rudement  sa compagne. Ce n’est qu’à la seconde bastonnade que la jeune femme sera transférée à l’hôpital d’instruction des armés Omar Bongo Ondimba  de Libreville.  Mais faute prise en charge aucun soin ne lui sera administré.

C’est au vu de la dégradation de l’état de santé de sa compagne que l’amant  décidera de l’emmener au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (ex CHL), mais elle rendra l’âme au court du trajet.

Il ne fait ainsi l’ombre d’aucun doute que la jeune femme et son fœtus ont  succombé aux coups sauvages de l’amant. De même, il n’apparait que la préméditation de violence et non expressément de mort pour conclure à une volonté de causer l’homicide.

En revanche, ce cas de figure correspond à un des cas prévus par le code pénal gabonais au chapitre II «Des coups et blessures volontaire et autres violences et voies de fait commises contre les personnes ; précisément, en son article  232 qui prévoit que « si les coups et blessures faits volontairement sans intention de donner la mort, l’ont pourtant occasionné, le coupable sera puni  de la réclusion criminelle à temps. ».

L’amant qui a pris la poudre d’escampette, devrait ainsi répondre devant la justice du chef d’inculpation de « coups mortels » et non de meurtre, ceci  pour défaut de préméditation ou de volonté expresse de donner la mort.

Cela dit, les coups et blessures volontaires n’entrainant pas la mort ne sont que des délits punis de deux(2) mois à dix(10) ans d’emprisonnement  et d’une amende de 24.000 à 500.000 FCFA(art. 230-231) ; alors que le chef d’inculpation de coup mortel, hormis dans le cas de la légitime défense, est quant à lui fatalement un crime puni de la réclusion criminelle, dont la durée devrait donc  être située entre 10 ans et plus selon les circonstances atténuantes.

Le second cas peut être intitulé : les présumés auteurs de coups mortels sèment le doute devant le parquet !

Selon les faits retranscrits par l’Union dans  cette affaire, il ressort que lors de l’enquête préliminaire, Abdallah Mortaj, 27 ans de nationalité marocaine  a déclaré que  ce jour là, il était 22 heures, il revenait  de l’anniversaire de sa femme, quand son ami Bronden Habbad Moukegni, l’a téléphoné lui demandent de l’accompagner pour aller récupérer de l’argent chez Issa, la victime, un malien à qui il aurait confié deux « black berry » à vendre.

S’étant retrouvé chez Issa et n’obtenant pas de ce dernier  la somme demandée, ils décideront de l’embarquer dans le véhicule d’Abdallah Mortaj, mais,  c’est Habbad qui était au volant et Abdallah s’était assis derrière afin de maitriser Issa. Au lieu d’aller au commissariat de police comme prévu, ils se dirigeront vers l’hôpital Jeanne Ebori ou était interné la mère malade de Habbad, ce dans le but de démontrer à Issa la raison de son besoin urgemment d’argent.

Mais, arrivé à l’hôpital Jeanne Ebori, Habbad va plutôt menacer de couper les doits d’Issa, si ce dernier ne lui remet pas l’argent ; pris de peur-panique, Issa s’échappera du véhicule, mais sera rapidement rattraper.

Et à partir de là rien n’est plus clair, car Abdallah déclarera  que c’est Habbad qui a rattrapé et battu à mort Issa ; tout comme Habbad déclarera que c’est Abdallah qui à rattrapé et battu à mort Issa.

Le problème est donc que les deux ravisseurs d’Issa se rejettent la culpabilité des coups mortels ; ce pourrait même être une stratégie concertée visant à cacher la vérité et semer le doute.

Mais en pareil cas le parquet pourrait se limiter à l’utilisation des dépositions de l’un contre l’autre pour retenir contre les deux les chefs d’inculpation de coups mortels car la présomption est grande, qu’ils aient porté des coups à deux sur la victime. En effet, la probabilité est faible que l’un des deux amis se bagarrant avec Issa, l’autre les regarde en spectateur.

Seulement, dans cette affaire, Abdallah qui n’a fait qu’accompagner son ami n’a pas le même degré d’implication que Habbad le créancier de la victime Issa. De plus, la mère de Habbad étant hospitalisée, celui-ci pouvait dans ce contexte émotionnel, perdre son sang froid en devenant très violente. En conséquence de quoi, les deux hommes ne devraient pas normalement écoper de la même peine.

En effet, faute de témoignages, il reste donc les présomptions que les juges pourraient tirer des faits connus aux faits inconnus pour ainsi rendre justice dans cette affaire ou les seuls acteurs vivants s’accusent des coups mortels.

FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013

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