Sarkozy : le parquet général réclame sept ans de prison
Libreville, Mercredi 13 Mai 2026 (Infos Gabon) – Le procès en appel du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy entre dans une phase décisive.
Ce mercredi 13 mai, le parquet général a requis une peine particulièrement lourde contre l’ancien président français : sept ans de prison ferme, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Des réquisitions qui replacent cette affaire au centre du débat politique et judiciaire français, près de vingt ans après l’élection présidentielle de 2007.
Après trois jours de réquisitoire devant la cour d’appel de Paris, l’accusation a demandé la confirmation globale des condamnations prononcées en première instance, estimant que les éléments du dossier démontrent l’existence d’un pacte de corruption présumé entre l’entourage de Mouammar Kadhafi et la campagne de Nicolas Sarkozy. Déjà condamné à cinq ans de prison en première instance pour association de malfaiteurs, l’ancien chef de l’État conteste fermement les accusations et continue de dénoncer un dossier construit sur des témoignages contradictoires et des preuves contestées.
Le parquet général a également requis de lourdes peines contre plusieurs figures de l’ancien pouvoir sarkozyste. Claude Guéant, ex-secrétaire général de l’Élysée puis ministre de l’Intérieur, encourt six ans de prison, 100 000 euros d’amende et la confiscation de son appartement parisien. Contre Brice Hortefeux, autre proche historique de Nicolas Sarkozy, l’accusation a demandé quatre ans de prison, dont deux avec sursis, avec aménagement sous bracelet électronique pour la partie ferme. Éric Woerth figure lui aussi parmi les anciens responsables poursuivis dans cette affaire tentaculaire devenue l’un des plus grands scandales politico-financiers de la Vème République française.
Au cœur du dossier. Les soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle victorieuse de 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Depuis plus d’une décennie, les enquêteurs tentent d’établir si plusieurs millions d’euros auraient transité clandestinement au profit de l’équipe Sarkozy en échange de contreparties politiques et diplomatiques. Une thèse que l’ancien président rejette catégoriquement.
L’audience de ce mercredi marque toutefois une étape majeure. Celle où l’accusation fixe officiellement le niveau de gravité qu’elle attribue aux faits reprochés. En requérant des peines identiques, voire aggravées pour certains prévenus, le parquet général affiche sa volonté de maintenir une ligne de fermeté dans une affaire devenue hautement symbolique pour la justice française.
La défense, elle, prépare désormais sa contre-offensive. Les plaidoiries des avocats des dix prévenus débuteront dans les prochains jours et devraient s’étendre sur près de deux semaines. L’avocat de Nicolas Sarkozy, Christophe Ingrain, a déjà assuré que son équipe démontrerait « la parfaite innocence » de l’ancien chef de l’État.
La décision finale de la cour d’appel est attendue le 30 novembre prochain. D’ici là, ce procès continuera de tenir la France en haleine, tant il dépasse désormais le simple cadre judiciaire. Car derrière le sort personnel de Nicolas Sarkozy, c’est aussi la question du rapport entre pouvoir politique, financement électoral et crédibilité des institutions démocratiques qui se retrouve une nouvelle fois exposée au grand jour.
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