Vie chère au Gabon : la riposte s’organise
Libreville, Jeudi 23 Juillet 2026 (Infos Gabon) – La lutte contre la vie chère franchit une nouvelle étape au Gabon. À la suite des orientations fermes données par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, devant le Parlement réuni en Congrès le 15 juin dernier, le gouvernement accélère la réorganisation de la Centrale d’achat afin de renforcer son rôle dans la régulation du marché des produits de première nécessité.
Reçu en audience mercredi par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le directeur général de la Centrale d’achat, Théophile Boutamba, est venu présenter les réformes engagées et les mesures destinées à mettre un terme aux pratiques spéculatives qui alimentent la hausse des prix. Au-delà des annonces, cette rencontre traduit la volonté des autorités de transformer durablement les circuits d’approvisionnement pour garantir aux populations un accès plus juste aux produits essentiels.
Une réponse aux dérives dénoncées par le chef de l’État
Lors de son discours devant le Parlement, Brice Clotaire Oligui Nguema avait dressé un constat sévère sur les mécanismes qui entretiennent la flambée des prix. Le chef de l’État avait dénoncé les comportements de certains opérateurs économiques accusés d’acheter massivement des marchandises afin de créer une rareté artificielle avant de les revendre à des tarifs largement majorés dans les quartiers.
Cette pratique spéculative, qui touche principalement les produits alimentaires de grande consommation, fragilise le pouvoir d’achat des ménages et accentue les inégalités d’accès aux denrées essentielles. Dans un contexte où la maîtrise du coût de la vie constitue l’une des priorités de la Ve République, le gouvernement entend désormais agir sur l’organisation même de la chaîne de distribution.
C’est dans cette perspective que le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu Théophile Boutamba afin d’évaluer les réformes engagées au sein de la Centrale d’achat et leur mise en conformité avec les orientations présidentielles.
Une Centrale d’achat recentrée sur sa mission de régulation
À l’issue de cette audience, Théophile Boutamba a détaillé les travaux menés conjointement avec plusieurs administrations. Selon le directeur général, une commission de travail réunissant la Douane, les services techniques du ministère compétent et la Centrale d’achat a finalisé les mécanismes appelés à encadrer le fonctionnement de cette structure.
« Aujourd’hui, nous avons fait toutes les listes, nous avons choisi un régime et nous avons déposé nos conclusions à l’issue de la commission de travail entre la Douane, les services techniques du ministère et la Centrale d’achat. La Centrale d’achat, c’est commander, importer et mettre sur le marché », a déclaré le directeur général.
Cette réorganisation vise à redonner à la Centrale d’achat son rôle premier, celui d’un instrument public capable d’assurer un approvisionnement régulier du marché national, de limiter les tensions sur les prix et de réduire les marges spéculatives.
Parmi les mesures envisagées figure également un encadrement des volumes de vente afin d’éviter les achats massifs destinés à alimenter les circuits parallèles de revente. « La suggestion qui avait été faite par lui-même le président était, pour les familles, de se limiter à prendre deux sacs de riz de vingt-cinq kilogrammes et cinq bouteilles d’un litre d’huile », a précisé Théophile Boutamba.
Cette limitation poursuit un double objectif. Garantir une meilleure disponibilité des produits pour l’ensemble des ménages et empêcher les phénomènes de stockage abusif qui perturbent le marché.
Le méga marché, premier test de la nouvelle stratégie
Au-delà des réformes administratives, les autorités souhaitent rapidement traduire ces orientations en actions visibles. La Centrale d’achat prévoit ainsi l’organisation, avant la fin du mois, d’un vaste marché dans la zone des PK à Libreville.
Cette opération permettra aux populations d’accéder directement à des produits de première nécessité proposés à des prix régulés, tout en réduisant les intermédiaires susceptibles de générer des surcoûts. Ce rendez-vous constitue également un test grandeur nature de la nouvelle stratégie gouvernementale de lutte contre la vie chère.
L’enjeu dépasse cependant la seule organisation d’une opération commerciale ponctuelle. Il s’agit de restaurer durablement la confiance dans les circuits de distribution, de renforcer la transparence des mécanismes d’approvisionnement et de protéger le pouvoir d’achat des Gabonais.
En plaçant la Centrale d’achat au cœur de cette politique, le gouvernement affiche son ambition de faire de cet établissement un véritable outil de régulation économique. L’audience entre Hermann Immongault et Théophile Boutamba confirme ainsi que la lutte contre la spéculation et la maîtrise des prix figurent désormais parmi les priorités de l’action publique.
La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de sa capacité à produire des effets durables sur le terrain, là où les ménages attendent avant tout une baisse réelle du coût de la vie et un accès équitable aux produits essentiels.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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