Politique

Gabon : Le RPM soutient Oligui Nguema, mais réclame des preuves

Libreville, Vendredi 4 Septembre 2026 (Infos Gabon) – Le soutien politique n’empêche plus l’exigence de résultats. Dans un communiqué publié le 3 septembre 2026, le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité a salué l’intense activité menée par Brice Clotaire Oligui Nguema entre le 9 et le 30 août, tout en faisant sienne une formule devenue centrale dans le discours présidentiel, « le temps des promesses doit céder la place au temps des preuves ».

Derrière les félicitations annoncées par son porte-parole Étienne Francky Meba Ondo, le parti de la majorité présidentielle fixe ainsi une ligne de lecture qui pourrait devenir déterminante pour la suite du mandat, celle d’un pouvoir désormais attendu sur l’exécution.

Le RPM, dirigé par le vice-président de la République Alexandre Barro Chambrier, met en avant les décisions prises dans la santé, les infrastructures et le développement des provinces. Il rappelle notamment l’enveloppe de 55 milliards de francs CFA annoncée à Makokou pour le secteur sanitaire. Sur ce montant, 44 milliards doivent renforcer le plateau technique national, 6 milliards soutenir la réouverture des restaurants hospitaliers et 5 milliards renforcer les prestations de la CNAMGS. Le parti insiste toutefois sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide et effective.

Cette nuance mérite d’être relevée. Le RPM ne présente pas les annonces comme des résultats déjà acquis. Il les inscrit dans une obligation d’exécution et affirme que leur véritable valeur se mesurera à leur impact sur la vie quotidienne. Cette distinction est importante dans un pays où la politique publique a longtemps été critiquée pour l’écart entre programmes annoncés, chantiers engagés et résultats effectivement perceptibles.

Makokou comme démonstration, les autres provinces comme défi

La formation politique s’appuie également sur la séquence de l’Ogooué-Ivindo, où la troisième édition de la Fête de la Libération, le 30 août, a donné lieu à plusieurs inaugurations et au lancement de projets. À Makokou, mais aussi à Booué, Ovan et Mékambo, le gouvernement a mis en avant des équipements administratifs, commerciaux, scolaires et sécuritaires. Le président a également annoncé de nouveaux investissements dans l’eau et la formation, tandis que le dossier Belinga donne à la province une importance économique croissante.

Le RPM voit dans cette dynamique un signe de territorialisation du développement. Il cite notamment le programme résidentiel de Mayiga, avec 50 logements réalisés, 25 en construction et un objectif annoncé de 500 parcelles aménagées. Mais l’enjeu dépasse le nombre de projets livrés. La vraie question devient celle de leur fonctionnement dans la durée, de leur entretien et de leur capacité à générer de l’activité économique et de l’emploi.

C’est justement là que le contraste entre provinces peut devenir politiquement instructif. Une infrastructure achevée à Makokou ne constitue pas seulement une réalisation locale. Elle peut servir de référence pour interroger les retards observés ailleurs. Le dossier des 7 milliards de la Nyanga, actuellement réexaminé avec la convocation de 21 entreprises adjudicataires, montre que la mobilisation financière ne garantit pas automatiquement l’aboutissement des projets.

Un soutien qui crée une obligation

Le RPM salue également la séquence diplomatique ouverte avec la République démocratique du Congo. La visite de Félix-Antoine Tshisekedi à Libreville, du 15 au 18 août, a débouché sur plusieurs instruments de coopération, notamment un accord général, un mécanisme de consultations politiques et diplomatiques régulières et une exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.

Mais, là encore, le parti ramène la politique à la question des résultats. L’objectif n’est pas seulement de multiplier les accords, mais d’en tirer des échanges économiques, des coopérations sectorielles et des opportunités concrètes pour le Gabon.

Cette logique donne au communiqué du RPM une portée supérieure à celle d’un simple message de soutien. En tant que formation de la majorité présidentielle, le parti possède aussi une responsabilité politique dans l’accompagnement et l’évaluation de l’action gouvernementale. Son insistance sur l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat, les services essentiels et la pérennité des infrastructures ressemble donc à une feuille de route autant qu’à un encouragement.

Le pouvoir dispose désormais d’un récit fondé sur l’action, les chantiers et les investissements. Mais ce récit entrera nécessairement dans une phase plus exigeante. Les 55 milliards annoncés pour la santé devront produire des équipements fonctionnels et de meilleurs soins. Les infrastructures devront rester opérationnelles. Les accords diplomatiques devront produire des bénéfices. Les investissements provinciaux devront créer de la valeur locale.

Le RPM a raison sur un point essentiel. Le temps des preuves est arrivé. Et cette exigence vaut pour tous, y compris pour les formations qui soutiennent le pouvoir. La crédibilité de la nouvelle gouvernance gabonaise ne se construira finalement ni par les annonces ni par les applaudissements, mais par la capacité de l’État à montrer, projet après projet, que les décisions prises se transforment en résultats mesurables pour les citoyens.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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