Gabon : Ogooué-Ivindo, la rentrée scolaire gagne les villages
Libreville, Lundi 31 Août 2026 (Infos Gabon) – À quelques jours de la rentrée scolaire, la solidarité a pris la route des villages de l’Ogooué-Ivindo. La Fondation Ma Bannière a achevé samedi 29 août 2026 sa campagne de distribution de kits scolaires dans la province, avec une dernière tournée conduite au plus près des familles.
Plusieurs centaines d’enfants ont ainsi reçu des fournitures destinées à alléger une dépense qui pèse chaque année sur les budgets domestiques, particulièrement dans les zones rurales.
Conduite par Felly Dipouma épouse Nyama, cheffe de mission, et Stéphanie N’Tcheyi épouse Oyili, coordinatrice générale, la délégation a parcouru une succession de localités parfois éloignées des principaux centres urbains. Mbadi-Carrefour, Yoko, Etakaniabe, Mbomo, Ekobakoba, Mohoba, Mozeye, Hendjet, Mbela, Indombo et Zoolende ont notamment figuré sur l’itinéraire. À ces étapes rurales se sont ajoutés plusieurs quartiers de Makokou, notamment Zoatab, le Quartier central et Mbolo.
Le choix de ces destinations constitue l’un des éléments les plus significatifs de l’opération. Dans de nombreuses familles, la rentrée ne se résume pas au retour en classe. Elle représente une succession de dépenses consacrées aux cahiers, sacs, stylos et autres équipements indispensables à la scolarité. Pour les ménages disposant de revenus limités, cette charge peut devenir un facteur de fragilisation. Le don intervient donc à un moment où son utilité est immédiatement perceptible.
À Etakaniabe, Alice, parent d’élève, a résumé ce sentiment en soulignant que le don « tombe vraiment à point nommé » et qu’il constitue un soulagement important. À Mbela, Philippe, père de famille, a insisté sur le caractère inhabituel d’une telle démarche dans son village. À Mohoba-Mozeye, le notable Édouard a, pour sa part, exprimé sa reconnaissance envers les initiateurs de la campagne.
Au-delà des témoignages, l’opération pose une question plus large sur l’équité territoriale. Les politiques éducatives peuvent être nationales, mais leurs effets restent inégaux lorsque les familles ne disposent pas des mêmes moyens pour accompagner leurs enfants. Une distribution ciblée dans des localités éloignées permet de réduire, au moins ponctuellement, cette différence entre les élèves des grands centres et ceux des zones plus isolées.
L’initiative, lancée sous l’impulsion de Zita Oligui Nguema, cherche précisément à agir sur cette fracture. Le choix d’une campagne itinérante, plutôt que d’une distribution concentrée dans la capitale provinciale, permet de toucher des familles qui auraient davantage de difficultés à se déplacer. C’est une différence importante entre une action sociale pensée depuis un centre et une action qui se déplace vers ses bénéficiaires.
Cette stratégie ne règle évidemment pas les difficultés structurelles qui affectent encore certaines communautés rurales. Elle ne remplace ni les infrastructures scolaires, ni l’accès régulier aux enseignants, ni les équipements pédagogiques, ni les transports. Mais elle apporte une réponse immédiate à un besoin précis, celui de permettre à des enfants d’aborder la rentrée avec les outils nécessaires.
Le rôle des initiatives philanthropiques et associatives prend ici tout son sens. Lorsqu’elles sont bien ciblées, elles peuvent agir rapidement sur des dépenses essentielles et compléter l’action des pouvoirs publics. Leur impact est cependant appelé à être renforcé par une articulation plus étroite avec les politiques éducatives, notamment pour identifier les zones les plus vulnérables et assurer un suivi des bénéficiaires.
Le fait que la campagne ait également touché des quartiers de Makokou montre par ailleurs la volonté de ne pas opposer monde rural et espace urbain. La vulnérabilité peut exister à quelques kilomètres d’un centre administratif comme au cœur d’un village isolé. L’enjeu est donc moins la localisation que la capacité à identifier les enfants et familles qui ont réellement besoin d’un soutien.
Cette dernière tournée clôt une campagne placée sous le signe de la proximité. Elle rappelle également que la réussite scolaire commence parfois par quelque chose d’aussi concret qu’un cartable rempli et des fournitures disponibles le premier jour de classe.
La campagne de la Fondation Ma Bannière aura donc fait plus que distribuer des kits. Elle aura mis en lumière une réalité souvent moins visible que les grands débats sur l’éducation, celle du coût très concret de la scolarité pour les familles. Dans l’Ogooué-Ivindo, aller jusqu’à Mbela, Mohoba, Zoolende ou Etakaniabe signifie reconnaître que l’égalité des chances se joue aussi dans les villages.
Les centaines d’enfants accompagnés pourront entrer en classe avec une charge financière allégée pour leurs familles. Mais le véritable enjeu est désormais de prolonger cet effort ponctuel par des politiques capables de garantir, toute l’année et dans tous les territoires, les mêmes conditions d’apprentissage. Une rentrée réussie est une bonne nouvelle. Une école équitable partout au Gabon serait une transformation beaucoup plus profonde.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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