Gabon : À Makokou, l’imam plaide pour la mosquée et la paix
Libreville, Lundi 31 Août 2026 (Infos Gabon) – À Makokou, le dialogue entre le pouvoir et les forces vives de la province ne s’est pas limité aux chantiers et aux infrastructures. Samedi 29 août, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu une délégation de la communauté musulmane de l’Ogooué-Ivindo conduite par le Grand Imam provincial Abdul Aziz Izzedine.
Une audience qui aura permis de placer au même niveau la question du vivre-ensemble, les préoccupations d’une communauté religieuse et la responsabilité collective dans la stabilité du pays.
Au nom des fidèles musulmans de la province, Abdul Aziz Izzedine a réaffirmé le soutien de la communauté au chef de l’État et son attachement aux valeurs de paix, d’unité et de solidarité. Les représentants ont également adressé des prières en faveur de la stabilité et du progrès du Gabon, tout en souhaitant au président la force nécessaire pour poursuivre sa mission à la tête du pays.
Dans une séquence politique où la cohésion nationale occupe une place croissante, le contenu de cette rencontre mérite attention. La communauté musulmane ne s’est pas présentée uniquement comme bénéficiaire de l’action publique, mais comme partie prenante du projet national. Cette position rejoint une conception plus large du rôle des organisations religieuses au Gabon, appelées à contribuer à l’apaisement social et au maintien du dialogue entre les différentes composantes de la société.
Mais l’audience comportait également une demande très concrète. Le Grand Imam a attiré l’attention du président sur l’état de vétusté de la grande mosquée de Makokou, dont la réfection apparaît désormais nécessaire pour garantir aux fidèles un lieu de culte convenable et sécurisé.
La question peut sembler locale. Elle prend pourtant une portée institutionnelle. Dans les villes de l’intérieur, les lieux de culte constituent souvent des espaces importants de rassemblement, de solidarité et de transmission. Leur état reflète aussi, à leur manière, la capacité d’un territoire à entretenir les infrastructures qui structurent sa vie communautaire.
La réponse du chef de l’État a été sans ambiguïté. Sensible à la situation exposée, Brice Clotaire Oligui Nguema a promis de faire le nécessaire pour permettre la réfection de la mosquée. Il a parallèlement appelé les membres de la communauté musulmane à demeurer soudés et à poursuivre leur contribution au rayonnement de l’islam dans le respect de la paix, de la tolérance et de la cohésion nationale.
Ce point est important. Le président ne réduit pas la demande à une simple opération immobilière. Il la replace dans une logique de responsabilité collective. Le lieu de culte doit être rénové, mais la communauté doit également continuer à jouer son rôle dans la construction d’un climat social apaisé.
La rencontre s’inscrit par ailleurs dans une semaine particulièrement chargée à Makokou, où le président multiplie les échanges avec les représentants des différentes catégories de la population. Autorités administratives, élus, acteurs économiques, jeunes, femmes, responsables religieux et communautés locales sont successivement associés à la séquence politique entourant la troisième édition de la Journée nationale de la Libération.
Cette méthode présente un intérêt particulier pour une province engagée dans une transformation rapide. L’Ogooué-Ivindo doit accompagner simultanément l’arrivée de nouvelles infrastructures, le développement du potentiel minier, l’amélioration des services publics et la croissance des activités économiques. Une telle mutation suppose aussi un socle social suffisamment stable pour éviter que le développement matériel ne creuse de nouvelles fractures.
La présence du fait religieux dans ce dialogue est donc loin d’être secondaire. Les autorités religieuses disposent d’une influence réelle sur les communautés et peuvent contribuer à diffuser des messages de paix, de responsabilité et de solidarité. À l’inverse, leur écoute par les pouvoirs publics peut renforcer le sentiment d’appartenance à une République qui entend prendre en compte la diversité de ses composantes.
La question de la grande mosquée de Makokou devra désormais passer du stade de la promesse à celui de l’exécution. Le véritable indicateur de réussite sera la réhabilitation effective du site et la capacité à maintenir durablement l’équipement. Mais l’enjeu politique de la rencontre va au-delà de ce chantier.
À Makokou, cette audience rappelle qu’une politique de transformation ne peut être uniquement faite de routes, d’écoles, de marchés ou de bâtiments administratifs. Elle doit aussi prendre en compte les communautés qui donnent vie aux territoires. En promettant la réfection de la grande mosquée tout en appelant les musulmans à renforcer leur contribution à la paix et à la cohésion, Brice Clotaire Oligui Nguema inscrit cette rencontre dans une logique de réciprocité entre l’État et la société.
Le message est clair. Le développement matériel et l’unité nationale doivent progresser ensemble. Dans l’Ogooué-Ivindo, la réussite de cette ambition se mesurera autant à la qualité des infrastructures qu’à la capacité des citoyens, des institutions et des communautés religieuses à construire un même espace de confiance.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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