Le Gabon fait des mangroves un pilier de sa stratégie climatique
Libreville, Lundi 27 Juillet 2026 (Infos Gabon) – La restauration de 17 hectares de mangroves sur le site d’Angondjé-Ntom marque une nouvelle étape dans la politique environnementale du Gabon. Derrière ce résultat se dessine une stratégie beaucoup plus ambitieuse qu’une simple opération de reboisement.
Dans un contexte où les écosystèmes côtiers figurent parmi les plus menacés au monde, le pays confirme sa volonté de faire de son capital naturel un levier de résilience climatique, de préservation de la biodiversité et d’attractivité internationale. Révélée dimanche à l’occasion de la Journée internationale pour la conservation de l’écosystème des mangroves, cette réalisation illustre une vision où développement économique et protection de l’environnement ne sont plus considérés comme des objectifs opposés, mais comme deux exigences complémentaires.
Une restauration écologique aux résultats mesurables
Pendant deux années, le ministère des Eaux et Forêts et le groupe ARISE IIP ont conduit un vaste programme de réhabilitation écologique sur le site d’Angondjé-Ntom. L’opération a permis de restaurer intégralement 17 hectares de mangroves, tout en plaçant près de 1 000 hectares supplémentaires sous un dispositif de protection renforcée.
Ces chiffres dépassent leur simple portée statistique. Ils traduisent une capacité à restaurer un écosystème dont la disparition aurait des conséquences considérables sur les équilibres naturels et les activités humaines. Les mangroves jouent un rôle essentiel dans la stabilisation des côtes, limitent les effets de l’érosion, réduisent l’impact des submersions marines et constituent une barrière naturelle face aux phénomènes climatiques extrêmes.
Dans un pays où le littoral représente un enjeu économique majeur, protéger ces espaces revient également à préserver des infrastructures, des activités de pêche et des milliers de moyens de subsistance.
La science au service de la nature
L’une des forces du projet réside dans son approche scientifique. La restauration n’a pas été menée selon une logique exclusivement opérationnelle, mais s’est appuyée sur les compétences du Centre national de la recherche scientifique et technologique et du laboratoire LAGRAC de l’Université Omar Bongo.
Cette collaboration entre institutions publiques, chercheurs et secteur privé démontre qu’une politique environnementale efficace repose sur la connaissance des écosystèmes autant que sur les investissements financiers. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs accompagné cette initiative dans le cadre de leurs engagements en matière de responsabilité sociétale, contribuant au suivi scientifique et à l’évaluation des résultats obtenus.
Cette alliance entre recherche, action publique et acteurs économiques constitue désormais un modèle de gouvernance environnementale appelé à se renforcer dans les prochaines années.
Les mangroves, un actif stratégique pour le Gabon
Les spécialistes rappellent que les mangroves figurent parmi les écosystèmes les plus performants au monde en matière de stockage du carbone. Elles capturent plusieurs fois plus de carbone que de nombreuses forêts terrestres, tout en servant de refuge à une biodiversité exceptionnelle et de nurserie naturelle pour de nombreuses espèces marines.
Sandra Lefandy Leboussi, cheffe du service du management des milieux aquatiques à la Direction générale des écosystèmes aquatiques, souligne que ces espaces assurent des fonctions écologiques irremplaçables et contribuent directement aux moyens de subsistance des populations riveraines. Face à ces enjeux, elle plaide pour l’adoption d’un cadre juridique spécifique garantissant une protection plus stricte de ces milieux particulièrement vulnérables.
Cette proposition ouvre un débat qui dépasse largement les seules questions environnementales. La reconnaissance juridique des mangroves comme patrimoine stratégique constituerait un signal fort de la volonté du Gabon d’inscrire durablement son développement dans les principes de l’économie verte.
La restauration d’Angondjé-Ntom illustre ainsi une évolution profonde des politiques publiques. À l’heure où les crédits carbone, les financements climatiques et les solutions fondées sur la nature occupent une place croissante dans les stratégies internationales, le Gabon confirme que sa richesse ne réside pas uniquement dans son sous-sol, mais également dans ses écosystèmes.
En redonnant vie à ses mangroves, le pays investit dans un patrimoine écologique dont la valeur environnementale, économique et géopolitique ne cessera de croître au cours des prochaines décennies.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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