Economie

Gabon : Le grand virage des transports publics

Libreville, Mardi 21 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon engage l’une des réformes les plus ambitieuses de son secteur des transports depuis plusieurs décennies. Avec la création de la Compagnie Nationale de Transport, issue de la fusion de la SOGATRA et de TRANS’URB, les autorités ne cherchent pas uniquement à rapprocher deux entreprises publiques fragilisées.

Elles entendent bâtir un opérateur moderne, financièrement viable et capable de répondre durablement aux besoins croissants de mobilité des populations.

Cette restructuration, voulue par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, constitue un changement profond de modèle. Au-delà de la gouvernance, elle repose sur un double objectif. Restaurer la qualité du service public tout en créant de nouvelles perspectives d’emploi.

Face aux interrogations apparues ces derniers jours, le ministère des Transports a tenu à clarifier la portée de cette réforme. Le message est sans ambiguïté. La naissance de la CNT ne se traduira par aucun licenciement. Les 1 350 agents actuellement employés par la SOGATRA et TRANS’URB seront intégralement transférés vers la nouvelle structure avec maintien des acquis sociaux et poursuite du règlement des situations salariales.

Une réforme qui protège les emplois

L’une des principales inquiétudes concernait l’avenir des salariés. Les autorités affirment que la fusion n’a jamais eu pour objectif de réduire les effectifs mais bien de renforcer l’outil de transport public. L’ensemble des personnels conservera sa place au sein de la nouvelle compagnie, tandis que les procédures administratives liées à la transition financière sont en cours d’achèvement.

Le gouvernement dément également les informations faisant état de plusieurs mois de salaires impayés. Selon les responsables du dossier, seul le salaire de juin 2026 demeure en attente de versement, une situation présentée comme temporaire et directement liée à la mise en place de la nouvelle organisation.

Au contraire, la CNT devrait rapidement devenir un important employeur national. Les autorités annoncent déjà une montée en puissance progressive des effectifs pour atteindre près de 3 000 collaborateurs, soit 1 650 recrutements supplémentaires à moyen terme. Cette perspective fait de la réforme non seulement un projet de modernisation des transports mais également un levier significatif de création d’emplois.

Rompre avec un modèle devenu insoutenable

La création de la Compagnie Nationale de Transport répond aussi à une nécessité économique. Pendant des années, les deux opérateurs publics ont accumulé des difficultés financières, limitant leurs capacités d’investissement et affectant la qualité du service proposé aux usagers.

Le nouveau dispositif introduit une rupture majeure avec le système précédent. La CNT adoptera une billetterie payante, fondée sur des tickets, des abonnements et des solutions de paiement électronique. Cette évolution doit permettre de réduire progressivement la dépendance aux subventions publiques tout en assurant des recettes propres plus régulières.

Parallèlement, la nouvelle compagnie élargira son périmètre d’activité. Au transport urbain et interurbain de voyageurs viendront s’ajouter le transport de fret ainsi que celui des produits pétroliers, ouvrant ainsi de nouvelles sources de revenus capables de consolider durablement son équilibre financier.

La flotte initiale de 231 véhicules doit permettre d’améliorer progressivement la desserte de Libreville mais également de renforcer les liaisons entre plusieurs centres urbains du pays.

La réussite dépendra désormais de l’exécution

La fusion administrative constitue une première étape. Le véritable défi sera désormais opérationnel. Il s’agira d’intégrer deux cultures d’entreprise, d’harmoniser les procédures, de moderniser les outils de gestion et surtout de restaurer la confiance des usagers après plusieurs années marquées par les difficultés de la SOGATRA.

Les autorités assurent privilégier le dialogue permanent avec les représentants du personnel afin d’accompagner cette transition. Des réunions régulières sont organisées pour présenter l’évolution du processus, répondre aux préoccupations des salariés et préparer collectivement la montée en puissance de la nouvelle entreprise.

Cette réforme dépasse ainsi le simple rapprochement de deux sociétés publiques. Elle traduit une volonté plus large de refonder les services publics sur des bases économiques plus solides sans sacrifier la dimension sociale. La préservation des emplois, les recrutements annoncés, la diversification des activités et la modernisation des modes de financement traduisent une approche qui cherche à concilier efficacité économique et responsabilité sociale.

Si cette transformation est conduite avec rigueur, la Compagnie Nationale de Transport pourrait devenir l’un des symboles les plus visibles de la modernisation engagée par la Cinquième République. Le succès ne dépendra plus de la fusion elle-même, mais de la capacité de la nouvelle entreprise à offrir enfin aux Gabonais un transport public fiable, régulier, moderne et durable.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Gabon : Le réalisme industriel avant la souveraineté

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *