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Gabon : Oligui Nguema mise sur la transition bissau-guinéenne

Libreville, Vendredi 4 Septembre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon choisit de soutenir la nouvelle étape institutionnelle de la Guinée-Bissau, tout en rappelant que la stabilité politique ne peut durablement s’affranchir de la légitimité électorale.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé jeudi 3 septembre ses félicitations au général Horta Inta-A Na Man après l’adoption par référendum de la nouvelle Constitution bissau-guinéenne. Une prise de position qui intervient dans un contexte sensible, à quelques mois des élections générales prévues en décembre et alors que la réforme constitutionnelle renforce nettement les prérogatives de la présidence.

Selon les résultats annoncés par la Commission électorale nationale, le « oui » a recueilli 70 % des suffrages exprimés lors du référendum du 30 août. La nouvelle architecture prévoit notamment un accroissement des pouvoirs du chef de l’État, une réduction du nombre de députés de 102 à 65 et une réorganisation des circonscriptions électorales. Le texte est présenté par les autorités de transition comme un moyen de réduire l’instabilité politique qui a longtemps fragilisé le pays. L’opposition conteste cependant le processus et estime que la réforme risque de concentrer davantage le pouvoir entre les mains de l’exécutif.

Dans son message, Oligui Nguema dit voir dans cette adoption une avancée vers la consolidation de l’État de droit et de la stabilité nationale. Il réaffirme également l’attachement du Gabon aux principes démocratiques et au respect du processus de transition, tout en exprimant la disponibilité de Libreville à poursuivre son accompagnement auprès de Bissau.

Cette position s’inscrit directement dans les échanges du 18 août entre les deux dirigeants. Lors de cette rencontre à Libreville, le président gabonais avait proposé de partager l’expérience de la transition gabonaise et insisté sur la nécessité d’aboutir à des élections libres, transparentes et apaisées. Les autorités gabonaises avaient alors rappelé que la Guinée-Bissau devait franchir l’étape constitutionnelle avant de retourner durablement à un ordre institutionnel civil.

Le message adressé aujourd’hui à Bissau comporte donc une dimension diplomatique mais aussi une attente politique. Le Gabon soutient le processus sans renoncer officiellement à l’objectif final annoncé lors des discussions d’août, le retour à des institutions civiles issues d’élections crédibles. Cette distinction sera importante dans les prochains mois, car l’adoption d’une Constitution ne clôt pas une transition. Elle ne vaut que par la légitimité du processus qui l’a produite et par la manière dont les nouvelles règles seront appliquées.

Pour Libreville, l’enjeu est également stratégique. En affichant son accompagnement auprès d’un autre État africain engagé dans une transition, le Gabon cherche à faire de son expérience un instrument de diplomatie régionale. La présidence gabonaise affirme d’ailleurs vouloir contribuer à la paix, à la stabilité et au retour à l’ordre constitutionnel sur le continent.

Mais cette politique d’influence comportera une exigence de cohérence. Le succès du processus bissau-guinéen se mesurera moins à l’adoption du texte qu’à la capacité des autorités à organiser les prochaines élections dans des conditions suffisamment inclusives et transparentes pour être acceptées par la majorité des acteurs politiques.

Le rendez-vous de décembre sera donc déterminant. Pour Horta Inta-A Na Man, il s’agira de transformer la transition en étape crédible vers un nouvel ordre institutionnel. Pour Oligui Nguema, il s’agira de démontrer qu’un accompagnement africain peut réellement contribuer à stabiliser un pays sans se substituer à sa volonté populaire.

Le Gabon vient de choisir son camp, celui du dialogue et du retour annoncé à l’ordre constitutionnel. La prochaine échéance électorale dira si cette promesse peut résister aux rivalités politiques et aux critiques qui entourent déjà la nouvelle Constitution. À Bissau comme ailleurs, une transition ne gagne sa légitimité qu’au moment où elle accepte de rendre le pouvoir aux urnes.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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